Le Chef N°11 Août 2025 | Page 75

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• INTERVIEW •

LE GRAND TÉMOIN FRÉDÉRIC SAUQUE Par Céline Gualde

Célèbre courtier, Frédéric Sauque a eu de très gros clients au trot comme au galop. Parmi de multiples très beaux coups, il a syndiqué la carrière d’ étalon du mythique Ready Cash et gérait les intérêts du Libanais Moufid Dabaghi, propriétaire d’ Al Nasr, premier gagnant de Groupe 1 d’ André Fabre en plat. Frédéric Sauque fut également l’ homme de confiance du marchand d’ art, propriétaire et éleveur Daniel Wildenstein qu’ il encouragea à s’ associer avec un certain Jean-Pierre Dubois. Au bout de cette aventure: des victoires dans le Prix d’ Amérique et le Grand Steeple-Chase de Paris!
Galorama. Comment et pourquoi Daniel Wildenstien et Jean-Pierre Dubois sont-ils devenus partenaires?
Frédéric Sauque. À cette époque, M. Wildenstein avait déjà remporté trois fois le Prix de l’ Arc de Triomphe *. Il voulait devenir le meilleur au trot également et je lui ai conseillé de se rapprocher de Jean-Pierre Dubois pour l’ aider dans cette entreprise. Je lui ai dit que c’ était un homme exceptionnel, qui avait pris vingt ans d’ avance sur tout le monde dans le trot grâce à ses croisements avec du sang américain. Dans un premier temps, M. Wildenstein a refusé, car il ne voulait pas d’ associé. Je lui ai répondu qu’ il ne serait jamais tête de liste! Deux jours plus tard il m’ a rappelé, il avait réfléchi et était partant. Jean-Pierre Dubois lui a rendu visite rue de la Boétie, à Paris, où il avait sa galerie. Le rendez-vous a duré vingt minutes, ils se sont plu. C’ était en 1992.
G. Vous-mêmes, vous connaissiez Jean- Pierre Dubois?
F. S. Pas vraiment. Notre première véritable rencontre a eu lieu en Normandie dans le cadre du projet Wildenstein. J’ arrivais de Paris et on a commencé nos échanges par deux heures de tracteur, alors que j’ étais en costume! Il voulait voir si j’ étais résistant! On a lancé la conversation et, à l’ heure du dîner, j’ étais toujours là!
G. Une association entre deux hommes aussi différents que Dubois et Wildenstein avait de quoi surprendre!
F. S. Ils pouvaient sembler aux antipodes l’ un de l’ autre en effet, mais ils se respectaient vraiment. Chacun voulait faire plaisir à son associé et ne pas le décevoir. Daniel Wildenstein disait de Jean- Pierre Dubois: « Ce n’ est pas un homme c’ est un cheval, il pense comme un cheval! » Il est devenu tête de liste des propriétaires au trot et l’ est resté durant sept ans, jusqu’ en l’ an 2000.
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