UK
par Katherine Ford
La première fois que j’ai entendu parler de Deauville, c’était lors de mon année Erasmus à Pau, où je montais le matin chez François Rohaut. On me demandait : « Tu vas à Deauville en août ? C’est plein d’Anglais là-bas… ». Je n’ai pas eu l’occasion de quitter le Sud-Ouest cet été-là, mais la curiosité était attisée. Le mythe de Deauville, et l’envie de découvrir cette ville si spéciale, se sont intensifiées deux ans plus tard, quand je travaillais auprès de l’un des plus grands fans Anglais du meeting normand. Le regretté Desmond Stoneham, directeur de l’International Racing Bureau et correspondant du Racing Post, a sans doute contribué à la popularité de Deauville auprès des Anglais, grâce, notamment, à son incontournable guide « des bonnes adresses », publié dans le supplément bloodstock du Racing Post en août. Il connaissait par cœur les plaisirs, mais aussi les pièges de la ville et avait l’habitude de prévenir : « Deauville est formidable, mais attention, certaines personnes y deviennent folles ! » Le mélange intoxicant de courses tous les jours, proximité avec les jockeys et entraîneurs, boites de nuit et bars, soleil (entre les averses…) et ambiance de vacances , le tout dans le cadre d’une ville de carte postale, s’était avéré dangereux pour certaines de ses assistantes dites « Desmond Girls » par le passé ! J’ai survécu aux dangers de Deauville et plus de vingt ans plus tard, j’ai toujours l’impression de découvrir un village de maisons de poupée en arrivant sur place. Fini les mois entiers sur place, pédalant entre notre bureau provisoire à Benerville, les deux hippodromes, le Brok Café pour le debrief des courses et le gossip du moment, et retour tardif, le vélo un peu plus bancal, au logement trouvillais, mais le charme reste. Un charme qui fait son effet sur tous les Anglais. Les vacanciers y retrouvent leurs loisirs préférés : courses, plage, bonnes tables arrosées de cocktails, rosé ou encore calvados pour les moins timorés, le tout dans un climat et un cadre verdoyant pas trop dépaysant. Les socio-pros viennent pour le travail, mais avec un esprit plus détendu, en surface au moins, par rapport à beaucoup d’autres rendez-vous de courses ou ventes. Parfois en famille ou entre amis, on les croise le matin lors d’un jogging sur les planches, au marché de la Place Morny et bien sûr au restaurant jusqu’à tard le soir. Un mélange de business et de plaisir qui est tout à fait permis, et même encouragé , à Deauville !