
Par Paul Casabianca
Qu’on se le dise, Augustin Madamet, né le 1er juin 2002, a baigné très tôt dans le monde des courses. Il faut dire qu’aux côtés de ses parents entraîneurs-éleveurs, Cécile et Nicolas Madamet, le plus petit gabarit de la fratrie Madamet s’est rapidement pris de passion pour les équidés. Tout a commencé avec les courses de poneys et une première victoire à l’âge de 9 ans, sur l’hippodrome du Lion-d’Angers. « J’ai disputé plus de 1 000 courses de poneys et j’ai remporté 170 victoires. Il y avait essentiellement des courses dans l’Ouest de la France à mon époque. J’ai eu la chance de monter les meilleurs, que ce soit en plat comme en obstacle. À l’âge de 10 ans, je savais déjà que je voulais devenir jockey professionnel ». Pour faire de son rêve une réalité, celui qui a remporté le championnat de France des poneys à Chantilly, a choisi comme maître d’apprentissage André Fabre. Après six mois passés dans la peau du gentleman-rider, la Cravache d’or des Gentleman rejoint l’écurie du maître cantilien : « Pendant mes vacances scolaires, je venais régulièrement monter pour
M. Fabre. Lorsque je lui ai demandé d’effectuer mon apprentissage chez lui, il a tout de suite accepté. Ce fut un honneur et un privilège de travailler chez M. Fabre. Vous avez la chance de côtoyer l’excellence et de collaborer avec un personnel de grande qualité. M. Fabre n’est pas un grand communicant, mais quand il a quelque chose à vous dire, il n’hésite pas à le faire. J’ai beaucoup observé sa méthode et suivi ses conseils. J’ai aussi eu la chance de monter des chevaux incroyables ».
Une première pour une casaque Classique
Parce que toutes les premières occupent une place importante dans le cœur, la première victoire d’Augustin Madamet le 22 avril 2019, paré de la casaque classique des Wertheimer & Frère, associé à Ecolo sur ses terres au Lion-d’Angers, restera à jamais un événement particulier : « Hervé Naggar a été mon agent dès mes débuts. J’ai pu monter pour l’écurie de Pascal Bary, Mickaël Seror et Carlos Laffon-Paris entre autres. C’est d’ailleurs grâce à ce dernier que j’ai signé ma première victoire en tant qu’apprenti avec Ecolo. Cela reste un grand moment de ma carrière ». De rencontres en victoires, le meilleur apprenti de France, sacré Étrier d’or 2019, décide après cinq années d’apprentissage de donner un nouvel élan à sa jeune carrière.
J’ai disputé plus de 1 000 courses de poneys et j’ai remporté 170 victoires
Augustin Madamet
Voler de ses propres ailes
Aux côtés du maître cantilien, Augustin Madamet a beaucoup appris. Mais le pilote a eu envie de voler de ses propres ailes et de ne plus dépendre d’un seul entraîneur. « Je suis jockey freelance depuis 2 ans. J’ai voulu prendre un autre tournant dans ma carrière. Mon agent Jules Susini, avec lequel je travaille depuis 2022, m’a beaucoup fait évoluer grâce à son travail. Nous avons une nouvelle clientèle et j’ai gagné de nombreuses courses. J’ai gardé de très bonnes relations avec M. Fabre. Il m’arrive encore d’être associé à ses élèves quand l’occasion se présente ». Un choix audacieux mais payant concrétisé, en 2024, par une première victoire de Groupe 3 à ParisLongchamp, avec Columbus (Prix de Lutèce), pour le compte de Christophe Ferland, un an après avoir décroché son premier Groupe 3 outre-Rhin, associé à Muskoka. « Columbus est un très bon poulain auquel je suis évidemment attaché. Comme Ecolo, ce sont des chevaux qui m’ont marqué. Ma première Listed avec Honey Cake à Fontainebleau en 2020 reste aussi un merveilleux moment ». Ambitieux et doué, l’actuel 5e au classement de la Cravache d’or totalise déjà 65 gagnants cette année. Si battre son record de victoires (ndlr : 92 en 2024) n’est pas un objectif en soi, Augustin Madamet « rêve de gagner des grandes courses et d’être associé à des bons chevaux pour y arriver ». Au regard de son talent et de ses ambitions, nul doute que ses vœux seront rapidement exaucés.