Le Chef N°11 Août 2025 | Musique maestro

Une petite sélection d’une discothèque de folie disponible à chaque numéro, de titres s’imposant par le feu de l’actualité, ou un petit peu tirés par les... chevaux.

BLONDE REDHEAD
THE SHADOW OF THE GUEST

On n’attendait plus grand-chose de ce groupe new-yorkais des années 90-2000 rapidement devenu trio. Les deux frères Pace sont désormais de jeunes sexagénaires et on ne donnait plus très cher de la voix de Kazu Makino. Toujours placé, jamais gagnant, Blonde Redhead signe pourtant un retour magnifique avec ce onzième album à vous hérisser les poils. Quelle merveilleuse idée que ce prolongement de leur dernier opus « Sit for dinner » (2003), réorchestré avec les chœurs d’enfants de Brooklyn. Une somptueuse rêverie sur laquelle surfent trois pépites : le très chorale « Rest of her Life » en ouverture, l’entêtant « Coda », l’hypnotique « Kiss her before the snow » et son imparable refrain. Une grande messe.

 

PAUL DE SENNEVILLE
BEST-OF

« Ma famille était aristocrate, mais sans fortune. Tout ce que j’ai, je le dois aux chevaux », disait le Comte de Senneville de son vivant. Son incursion dans cette chronique, il la doit à Jean-Pierre Dubois. Copropriétaire de High Echelon (Prix d’Amérique 1979), cet éleveur sous le label Mauzun a continué de se faire un nom dans le trot international grâce à L’Amiral Mauzun et Jean-Michel Bazire (Elitloppet 2007). Figure atypique des courses, ce journaliste était aussi compositeur, patron de label et même manager de Michel Polnareff. C’est lui qui a hissé haut le pianiste Richard Clayderman. On lui doit plusieurs BO, jingles de pub, et de nombreuses chansons en solo ou avec Olivier Toussaint, son compagnon d’écriture et du groupe Pop Concerto Orchestra.

 

SMERZ
BIG CITY LIFE

Jolie surprise que ce duo norvégien qui nous enveloppe dans une douce mélopée. Comme le dit à juste titre le magazine Vogue, on ne sait pas trop si on a mis les pieds dans un caveau de jazz ou dans un club à la mode berlinoise. Soutenues par Björk, Henriette Motzfeldt et Catharina Stolteneberg offrent une jolie pop déconstruite. Sur des arrangements originaux, leurs jolis timbres se superposent à ravir. Souvent évanescent, ce 13 titres garde une vraie ligne de conduite tout en versant avec subtilité dans le spectral « Dreams », le jazz « What » ou la distorsion « A thousand lies ». On passe des pulsations de « Feisty » au susurré « Imagine this ». Un des titres les plus évidents avec l’imparable « You got time and I got money ».