Le Chef N°11 Août 2025 | Página 119

Sacré nom
PÉDAGO

ON LES APPELLE LES « ROYAL MARES »,

LES JUMENTS ROYALES, CAR ELLES ONT ÉTÉ

IMPORTÉES À LA DEMANDE DE CHARLES II D’ ANGLETERRE

DANS LA SECONDE PARTIE DU XVII E SIÈCLE

On les appelle les « Royal mares », les juments royales, car elles ont été importées à la demande de Charles II d’ Angleterre dans la seconde partie du XVII e siècle. Ces reproductrices sont mentionnées dans la première édition du calendrier des courses de John Cheny, publié en 1743: « le roi Charles II a envoyé son Maître des chevaux à l’ étranger afin qu’ il trouve des étalons et juments de grande naissance pour l’ élevage, et ces juments importées par la volonté du roi et leurs descendantes ont été appelées Juments Royales ». Cette mention des « Royal mares » est reprise dans la première édition du General Stud Book, livre fondateur de la race pur-sang conçu par Lord James Weatherby en 1791. L’ identité des juments royales a été peu documentée, de nombreuses lignées de pur-sang remontant jusqu’ à « une jument royale » sans plus de précisions. Mais à la fin du XIX e siècle, l’ Australien Bruce Lowe a débuté un travail de recherche en classifiant ces lignées maternelles. Pour ce faire, il a méthodiquement analysé les pedigrees de tous les vainqueurs des meilleures courses anglaises, à commencer par le Derby d’ Epsom. Bruce Lowe a remonté les lignées femelles des champions le plus loin possible. Il a ensuite numéroté les familles en fonction du nombre de vainqueurs dans chacune d’ entre elles. La plus prestigieuse de son classement est celle de la jument Tregonwell’ s Natural Barb Mare, qui si l’ on en croit son nom était sans doute de race barbe. Cette famille porte le numéro 1. Le patient travail de Bruce Lowe fut publié à titre posthume en 1895 et a franchi les barrières du temps! La numérotation des familles maternelles, au nombre de quarante-trois selon l’ étude de l’ Australien, est en effet toujours employée. Le nombre de familles fut plus tard porté à cinquante puis à soixante-quatorze. Lorsqu’ on consulte le pedigree détaillé d’ un pur-sang contemporain, le numéro des familles figure sous les noms de son père et de sa mère.

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Sacré nom
Les chevaux ont longtemps été dépourvus de nom, ce qui complique l’ étude des pedigrees anciens. Au XVII et XVIII e siècles, on les qualifiait selon leur race, leur robe et l’ identité de leur propriétaire. Darley Arabian est par exemple l’ arabe de M. Darley. Mais ces « descriptifs » pouvaient évidemment évoluer avec le temps, « le barbe de M. X » devenant suite à une vente « le barbe de M. Y »! Thierry Grandsir donne l’ exemple de Alcock Arabian, né en 1704, qui a changé quatorze fois de nom durant son existence! Il serait à l’ origine de la robe grise chez le pur-sang.
PAGE DE GAUCHE
Darley Arabian, l ' un des étalons à l ' origine de la race du pur-sang anglais moderne.
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PAGE DE DROITE
Goldophin Arabian est lui aussi l ' un des étalons à l ' origine de la race.
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