• INTERVIEW •
« IL A CREUSÉ LES PUITS DE PÉTROLE AVEC SES MAINS »
JACQUES PAUC Par Serge Okey
Figure de la presse hippique durant un demi-siècle, ex-rédacteur en chef de Paris-Turf et auteur d’ une jolie carrière en tant que propriétaire de trot, Jacques Pauc ne tarit pas d’ éloges sur le « chef ».
Galorama. Qu’ est-ce que Jean-Pierre Dubois évoque pour vous?
Jacques Pauc. Il a été dix ans tête de liste au trot, un an en obstacles, a été un crack avec les pur-sang jusqu’ au Prix de Diane Longines 2024 en tant que propriétaire et éleveur de Sparkling Plenty. Il n’ a pas d’ équivalent dans le monde des courses.
G. Quel est son secret? J. P. Il disait à son ami et voisin de jeunesse Pierre- Désiré Allaire: « Quand vous vous réveillez 1 h avant tout le monde, vous sortez trois ou quatre chevaux de plus que les autres et il y a peut-être un crack dans le lot ». Jean-Pierre Dubois est un bourreau de travail. Il a creusé les puits de pétrole familiaux avec ses mains.
G. La griffe Jean-Pierre Dubois? J. P. C’ est facile: un billet d’ avion. Il a pris le risque d’ aller voir ailleurs sans un sou en poche. Et puis lui, il sait monter à cheval. Je rappelle qu’ il fut sacré meilleur apprenti dès l’ âge de seize ans.
Pierre-Désiré Allaire, top homme de cheval lui aussi, disait de lui: « Jean-Pierre est entré très jeune dans l’ âge adulte ». À cinq ans, il attelait déjà un cheval. Vous savez comment il a fait? Il a mis l’ avoine par terre, le cheval a baissé la tête pour la manger et il lui a passé le licol.
G. C’ est typique de son caractère? J. P. C’ est un malin, aussi fort pour juger les hommes que les chevaux. Des propriétaires qui veulent commander avec lui, il n’ y en a pas. C’ est quelqu’ un de généreux aussi. À table, impossible de régler l’ addition. Jamais il n’ a fait payer une saillie de ses étalons à ses enfants ou petitsenfants. C’ est un très bon businessman, qui sait qui est qui, croyez-moi. Quand des amis de Daniel Wildenstein qui souhaitaient lui acheter Hymour lui ont demandé combien il voulait toucher sur chaque cheval vendu au milliardaire, il a répondu: « Rien du tout ». M. Wildenstein choisira de s’ associer plus tard( moitié moitié) avec la réussite que l’ on sait.
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