Le Chef N°11 Août 2025 | Page 53

À LA UNE

J’ AI BEAUCOUP DE CHANCE D’ ÊTRE SON PETIT-FILS

Louis Baudron
G. Comme votre grand-père Dubois, vous aussi rêviez d’ être jockey de plat?
L. B. Oui, j’ ai fait les courses de poneys et ça me plaisait beaucoup. Mais mon poids est vite devenu rédhibitoire. Alors je me suis naturellement tourné vers le trot.
G. Ça ne vous empêche pas, à l’ image de votre grand-père encore, de briller dans les trois disciplines: galop, obstacles, trot …
L. B. Il nous a transmis sa passion des chevaux, quelle que soit la discipline. On a cette curiosité enrichissante à tout point de vue. Une ouverture d’ esprit qui vient de lui. J’ aime cette diversité. Quelle que soit la discipline, c’ est très agréable de toucher un cheval de bon niveau.
G. S’ il ne fallait retenir qu’ un cheval de votre grand-père Dubois, ce serait lequel?
L. B. Il a élevé, entraîné, drivé tellement de cracks … Personnellement, je dirais Mara Bourbon dans le prix des Élites( Gr. 1, 2003). J’ étais encore gamin( 17 ans). Cette course, je l’ ai gagnée pour lui. C’ était beau. J’ imagine que si j’ arrive à faire gagner une belle course à mes petits-enfants, mon bonheur sera immense.
G. Les deux succès de Kotkijet dans le Grand Steeple-Chase ont dû compter dans la famille?
L. B. C’ était magnifique! Un grand cheval acheté au Comte de Montesson, avec toute une histoire autour. Comme pour beaucoup de chevaux, c’ était une histoire d’ hommes aussi, avec M. Wildenstein et Gallorini, et bien sûr mon grand-père. Kotkijet fait partie des noms qui résonnent dans la famille. Mon grand-père est tellement doué en génétique qu’ il a su acheter à droite, à gauche, et transformer les chevaux en super chevaux.
G. Après Stacelita, Sauterne et Olmedo, Sparkling Plenty restera son dernier fait de gloire au galop …
L. B. J’ étais à ses côtés, ça vibrait fort. On était tous super heureux. Encore l’ aboutissement d’ années de travail et d’ investissements.
G. Quels sont ses principaux traits de caractère?
L. B. C’ est quelqu’ un de très humble, qui ne fait jamais de différences sociales. Il a la gagne dans le sang, a horreur d’ être deuxième, c’ est un compétiteur dans l’ âme. Je l’ ai vu sauter au plafond après de belles victoires. C’ est tellement dur de gagner de belles courses. Mais le travail, c’ est son affaire. Là-dessus, personne ne peut rivaliser. Et puis il a un feeling incroyable avec les chevaux.
G. Diriez-vous que c’ est un bon vivant? L. B. Assurément. Il n’ ouvre pas sa table à tout le monde, mais quand il l’ ouvre, c’ est avec franchise. Avec les gens qu’ il aime, il est très généreux. Il n’ y a pas plus simple que lui. Un jour, il m’ a dit: « Louis, il faut être sérieux, mais sans se prendre au sérieux ». C’ est quelqu’ un qui ne fait pas de cinéma. Il ne joue pas la comédie, sinon avec malice. En privé, il est plutôt bavard.
G. Et l’ art du business, il vous l’ a enseigné aussi?
L. B. En quelque sorte, oui. Il m’ y a toujours incité. Il est bon, c’ est un charmeur, avec des codes d’ une autre génération. L’ argent n’ a jamais été une limite pour lui. Quand il veut quelque chose, il s’ en donne les moyens, même si parfois il ne les avait pas( rires). Il a une confiance en lui incroyable. Son tempérament, c’ est de parvenir à ses fins.
Jean-Pierre Dubois avec son petit-fils Louis Baudron et son arrière-petit-fils.
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