LE MARCHÉ DES VENTES AUX ENCHÈRES EN FRANCE À LA UNE
GEORGES RIMAUD « ARQANA joue un rôle d ' émulateur »
Par Serge Okey
Président d’ ARQANA Holding, l ' ancien directeur des haras de l’ Aga Khan en France est des mieux placés pour juger de l ' impact de la société vingtenaire sur l ' élevage tricolore et l ' internationalisation des ventes.
GALORAMA. Quel est l ' impact des ventes ARQANA sur l ' élevage français ces 20 dernières années?
Georges Rimaud. ARQANA a certainement offert une ouverture aux éleveurs français sur un marché qui s ' est internationalisé. Si on se fie aux chiffres, hors années Covid, c ' est une plateforme de commercialisation qui était souhaitable. C ' était le souhait de Son Altesse l’ Aga Khan lorsqu ' il a désiré participer à la création de cette nouvelle société en 2006. À savoir maintenir et stimuler une stabilité commerciale sur tous les segments: juments, foals, yearlings …
G. Cet impact est-il facile à mesurer? G. R. Comme dans les courses, il y a de belles et de moins belles histoires. Mais les résultats ne cessent de s ' améliorer, ce qui constitue certainement un des marqueurs de la satisfaction des vendeurs et acheteurs, et par conséquent du succès d ' ARQANA. Depuis les années 1990, les éleveurs ont modernisé leur façon de travailler, se sont professionnalisés et ARQANA joue depuis ses débuts un rôle d ' émulateur. Je crois qu ' on peut parler de succès. ARQANA est aussi le témoin d ' une amélioration et d ' une diversification des acheteurs et d ' une internationalisation profitable. « On a mis les moyens »
G. L ' une des grandes forces d ' ARQANA est justement d ' avoir su recruter de nombreux clients étrangers …
G. R. On a mis les moyens. On a été la première agence à mettre à disposition des Anglais et Irlandais, puis des Américains, un avion en direction des ventes. Cela représente un investissement important, mais c ' est aussi très significatif du rayonnement de la France à l ' étranger. Nous avons des représentants partout dans le monde. À nous de fidéliser cette belle clientèle et de continuer à la développer.
G. Le contexte s ' y prête-t-il et comment voyezvous les choses dans 20 ans?
G. R. Nous veillons naturellement à ce que le contexte politique et financier n ' altère pas les choses. À ce que les acheteurs français soient sécurisés le plus possible. Le contexte un peu particulier de baisse des allocations et des enjeux pourrait créer une certaine morosité; la réalité n ' est sans doute pas merveilleuse pour tous les éleveurs, mais je reste optimiste. Si tant est qu ' un certain nombre de choses soient préservées, il n ' y a pas de raison que le futur aille dans le mauvais sens. À l ' industrie des courses de faire en sorte de maintenir les acquis. L ' avenir est concurrentiel, mais à condition que la filière fasse bloc et qu ' elle soit un peu culottée, on peut imaginer de belles nouvelles choses.
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