Au cœur du ring N°17 Mars 2026 | lA UNE - Partie 3 : Aktem

Innovation et agilité: le credo de la nouvelle agence de ventes

Nouvel acteur des ventes aux enchères de chevaux de course en France, l’ agence AKTEM entend proposer une offre complémentaire, prenant ses quartiers dans un hippodrome historique, misant sur son agilité et son innovation et déployant plusieurs dispositifs destinés aux éleveurs et au soutien de la filière pour trouver sa place dans un paysage en évolution.

Fin 2025 – début 2026, le paysage des ventes aux enchères de galop en France s’ est redessiné avec l’ arrivée d’ un nouvel acteur, l’ agence AKTEM, lancée à l’ initiative de Sofiane Benaroussi, son président-directeur général. L’ ambition: développer une offre complémentaire au leader du marché, ARQANA, pour créer de nouvelles opportunités commerciales où se rencontrent l’ offre et la demande. Dans sa volonté de créer un projet participatif, AKTEM a ouvert 10% de son capital à son lancement afin d’ inclure les acteurs des courses et leur offrir des avantages supplémentaires (frais d’ inscription réduits, aide au transport…). L’ agence s’ est aussi positionnée sur le marché de l’ obstacle, proposant notamment un super bonus sportif de 1 million d’ eurosetdesprimespourleséleveursenregistrant des victoires de Groupe à l’ étranger. Dans cette continuité, AKTEM a créé des ventes draft en ligne, sans frais d’ inscription, pour permettre aux éleveurs d’ effectuer un roulement de leurs effectifs à des moments stratégiques de l’ année. Des frais également réduits pour ses ventes de pur-sang arabes afin de soutenir cette filière en plein essor. Une agence qui vient de montrer ses ambitions dès sa première vacation en ligne, le 13 février, générant un volume d’ enchères de 1 381 000 €, soit le deuxième chiffre d’ affaires le plus important jamais réalisé pour une vente online en France. La vacation dédiée aux pursang arabes du 26 février, en partenariat avec l’ AFAC, a quant à elle inscrit un record mondial pour un foal, le demi-frère par Al Mourtajez de la championne Lady Princess ayant été adjugé 410 000 €. Une agence qui se place en challenger innovant et agile dans un marché où deux entités existantes ont annoncé leur rapprochement par la suite: Osarus et Auctav (lire par ailleurs).



Le nouveau défi de Guy Petit

Par Emmanuel Rivron

Courtier depuis une quarantaine d’ années, Guy Petit a décidé de relever un nouveau challenge, en devenant directeur bloodstock de la nouvelle agence de ventes, AKTEM.


Galorama. Aviez-vous envisagé de tenir un rôle de directeur bloodstock avant cette proposition d’AKTEM ?

Guy Petit. Pas vraiment, puisqu’à l’âge de 68 ans, je pensais plus à vivre sur mes acquis avec mes bons clients. Je ne pensais pas repartir vers une nouvelle aventure, mais le projet de devenir consultant pour AKTEM est très intéressant. Je reste toujours courtier, mais cette nouvelle fonction m’a redonné un élan alors que je commençais à m’installer dans un confort.

G. Quelles sont vos impressions quelques semaines après cette prise de fonctions ?

G. P. C’est complètement différent et beaucoup plus stressant, car on maîtrise beaucoup moins de choses. Il faut avoir les yeux partout, savoir qui va acheter quoi. Il peut y avoir beaucoup d’intéressés avant la vente et que les cartes soient rebattues pendant celle-ci. J’ai la chance d’être entouré d’une jeune équipe avec Grégoire Leenders, Vincent Le Roy, Daniel Cooper, Mégane Martins à la communication, Wiktoria Szczęśniak et Mathilde Bonin, qui prennent tous leurs rôles très à cœur. Je suis un peu le « vieillard », mais cette équipe de jeunes motivés m’a redonné un coup de boost !

G. La toute première vente d’AKTEM s’est tenue le 18 février, en ligne. Comment l’avez-vous jugée ?

G. P. Je n’avais jamais vu un catalogue online d’une telle densité avec des lots aussi bons. Tout n’a pas été vendu, mais tous les lots tenaient la route. Réussir des premières ventes dans un marché aussi difficile n’était pas gagné d’avance. Nous n’avons pas eu beaucoup de temps pour la préparer, mais Grégoire, Vincent et Daniel ont très bien travaillé. De mon côté, je validais les chevaux. La confiance que nous avons suscitée à travers cette vente vaut tout l’or du monde.

G. Comment vous positionnez-vous dans ce secteur hautement concurrentiel ?

G. P. On veut juste trouver notre place. Il y a une place à jouer à côté d’ARQANA, la pièce maîtresse, pour laquelle je n’ai aucune antipathie, bien au contraire. Pour cela, il faut répéter les bonnes ventes et que nous soyons présents partout, afin notamment de bien estimer les chevaux La concurrence est saine et c’est bon pour tout le monde, des éleveurs aux propriétaires.

G. Comment êtes-vous parvenu à attirer Sevenna’s Knight, triple vainqueur de Groupes, à la première vente ?

G. P. On ne pensait vraiment pas avoir un cheval de ce calibre à cette vente. J’ai un rôle à jouer en obstacle et comme Sevenna’s Knight est destiné à y faire carrière, j’ai été contacté. J’ai apprécié que l’entourage nous ait suivis malgré le fait qu’AKTEM soit une nouvelle agence. Ce n’était pas évident avant le coup. Je tiensà remercier André Fabre, Emmanuel de Seroux et OTI Racing d’avoir joué le jeu. On est bien partis pour nous faire notre place, mais il ne faut pas tomber dans l’euphorie.

G. Afin de soutenir l’élevage d’obstacle, l’agence a mis en place un système de bonus. Pouvez-vous nous en dire plus ?

G. P. Dans ce contexte défavorable marqué par la baisse des enjeux, il faut soutenir la filière, et l’obstacle notamment. C’est ainsi qu’un bonus d’un million d’euros est promis à un cheval issu de la vente, s’il parvient à remporter le Grand Steeple-Chase de Paris (Gr.1) et la Gold Cup (Gr.1) la même saison pour le même entourage. À côté de cela, il y a des primes mises en place pour les chevaux exportés. Si un cheval passé par une vente AKTEM gagne un Groupe 3 outre-Manche, son entourage recevra une prime de 10 000 €, 20 000 € pour un Groupe 2 et enfin 30 000 € pour un Groupe 1. Un éleveur qui vendra une jument pleine sera également intéressé dans le produit qui sera éligible à ces mêmes primes, ce à quoi

je tenais beaucoup. On se donne ainsi les moyens de faire rêver les éleveurs, qui auront encore un intérêt à suivre la carrière de leurs produits.

G. Quand aura lieu la première vente physique d’AKTEM ?

G. P. Nous organiserons la vente de sélection du Grand Steeple le 15 mai, suivie de la breeze-up le 3 juin, toujours sur l’hippodrome de Maisons-Laffitte. Le fait d’être à une demi-heure de l’aéroport est très pratique pour les clients. La proximité de Paris est un atout mais ne fera pas tout, les moyens seront mis pour créer un rendez-vous convivial où chacun prend plaisir à s’y retrouver. D’ici à ces deux ventes physiques, nous aurons la vente draft du 8 avril, online, afin d’aider les propriétaires à faire une rotation dans leurs effectifs.

G. Que peut-on vous souhaiter dans ce nouveau rôle ?

G. P. J’ai un peu engagé mon nom et mon expé-rience. Je serais donc déçu que cela ne marche pas, mais je pense qu’on va réussir. On va donner le meilleur de nous-mêmes, c’est certain !