Au cœur du ring N°17 Mars 2026 | Poneys

ÊTRE PARENT PONEYS AU GALOP

Par Bérengère Rossignol

Le parent Poneys au Galop allie la vitesse du pur-sang, l’ endurance de l’ AQPS, l’ élégance du pur-sang arabe et la rusticité du cheval de trait!


Le parent Poneys au Galop est équipé d’un agenda plus performant que toutes les applications numériques, qui permet de gérer scolarité, entraînement des poneys et trajets vers les hippodromes. Avec plus de 900 courses de poneys par an, ce n’est pas une sinécure. La gymnastique logistique débute en janvier, au Salon des étalons du Lion-d’Angers, à l’occasion duquel le fameux calendrier est distribué. Les enfants s’emparent d’un fluo et commencent à s’emballer en projetant toutes les occasions de s’amuser, galoper et retrouver les copains. Le parent s’empare lestement dudit fluo pour envisager les possibilités directes, mais également composer avec les propositions du ou des enfants : « Attends mais là si tu ne peux pas, je peux peut-être mettre le poney dans le camion de Cécile » ; « Ah c’est trop galère de nous emmener pour les 2 jours de stage… mais si on prenait la tente ça irait non ? » ; « Attends, je crois que Florent a un partant et que son camion passe tout près de la maison, c’est peut-être jouable » ; « Dis maman, si Solyne arrive par le train de vendredi soir, on l’emmène et que son poney peut arriver dans un camion depuis Niort, tu es ok pour la gérer ? » ; « Ceux du Sud-Ouest ne sont pas en vacances en même temps que nous, du coup c’est hyper-important ce week-end-là pour qu’on se retrouve, tu vois ce que je veux dire, t’as été jeune toi aussi ? [sic] » Véridique, les parents Poneys au Galop sont des as du réseau autoroutier, des empereurs de la mutualisation de camions, des princes de l’arrangement, des barons du dortoir. Tout est possible, tout est réalisable, à parent vaillant rien d’impossible !

Parent, athlète malgré lui

Le parent Poneys au Galop a la jambe fine, le cuissot musclé, et le bras droit tonique. Il conduit le camion, attelé d’un van, avec poneys voyageant tête-bêche car plus on est de fous, plus on rit, le nombre d’enfants étant proportionnel à la joie partagée. Il aide à seller des poneys à longueur de journée lors des Point-to-Point, les siens et ceux des enfants sans parents, adoptés pour l’occasion ! Tout ce petit programme donne une vingtaine de kilomètres à pied au compteur pour 8 partants pour une famille de 3 enfants ; eh oui, le compte est bon ! La hanche un peu raide mais pas besoin de gym le soir venu, un paquet de parents du circuit peuvent en témoigner ! Le parent est donc reconnaissable à sa condition physique affûtée, son blouson bien étanche, et son chaussant prêt à assumer les kilomètres à pied, de préférence au sec. Il a un talent particulier pour varier les couvre-chefs en fonction des saisons et préserver sa mine de jeune premier. Il est également apte à porter les lots, transbahuter les seaux, aider à embarquer… C’est un athlète accompli.

Le parent Poneys au Galop a une capacité respiratoire à la hauteur des épreuves disputées par ses enfants, le graal de tous étant le cross. Car ce tout-petit qui s’élance pour la première fois, du haut de ses 10 ans, sur le cross d’un peu moins de 3 000 mètres avec son poney et qui va franchir une vingtaine de difficultés, dont : gué, contre-haut, contre-bas, double barrière, drain, parc à moutons, banquette… c’est le nôtre de tout-petit ! Et tout à coup, on se retrouve un peu pris au piège car on l’a accompagné, on a confiance dans le poney bien dressé, on sait notre enfant capable et bien préparé, mais on a un peu les chocottes de ce long parcours ! Alors à chaque parent sa technique : les uns vont regarder avec attention tout le parcours sans jamais respirer, les autres s’appuient sur une épaule amie pour regarder partiellement le cross en broyant ladite épaule d’une poigne anxieuse, certains tournent le dos à la piste à chaque difficulté, et enfin il y a ceux que l’on voit physiquement accompagner chaque effort (à l’instar de ceux en bord de carrière pendant un parcours de CSO). Poteau franchi, victoire ou pas, le parent comme l’enfant prend une grande bolée d’air salvatrice. L’apnée est terminée, rendez-vous la prochaine fois, car l’enfant ayant goûté au cross ne peut plus y résister !

Un parent heureux

Le parent Poneys au Galop est un optimiste, il croit à l’avenir de notre monde des courses et c’est d’ailleurs pour cela qu’il consacre tant de temps et d’énergie à son (ses) petit(s). Il y voit une activité physique saine, un challenge mental formateur, une bonne école de la concentration et de la frustration, une occasion de créer des amitiés solides éprouvées aux difficultés de parcours ou échecs à digérer, une soupape pour l’enfant qui bouillonne sur les bancs de l’école, une rampe de lancement pour celui qui se rêve jockey, un épanouissement pour l’homme ou la femme de cheval qu’il sent poindre chez son enfant. Et, enfin, le parent Poneys au Galop est heureux de partager des journées avec ses enfants, car il sait que, l’âge venant, ils vont prendre leur envol. Mais que ces week-ends partagés sont des souvenirs solides et ancrés, ces progrès accompagnés, ces victoires fêtées, ces loupés acceptés, ces complicités si vivaces dans les regards échangés autour d’un nouveau palier franchi. Un souriant qui partage les photos de victoires avec les copains qui ont prêté le poney, ceux qui auront assuré le pique-nique, ceux qui auront accueilli l’enfant le temps d’un stage, ceux qui auront partagé le volant pour limiter la fatigue, ceux qui auront passé une paire de bottes, ceux qu’on retrouve le temps d’un « sandwich frites demi » réconfortant, ceux avec qui on danse le soir parce qu’on n’est pas là pour s’embêter… Des photos à rallonge donc avec des entourages qui se réjouissent les uns pour les autres.

Une race à part que ce parent de cavalier Poneys au Galop dont je viens d’essayer de brosser le portrait. Et des congénères qui se connaissent et se reconnaissent d’un simple coup d’œil. La saison des courses de poneys 2026 est lancée, bravo et vive les parents !