Au cœur du ring N°17 Mars 2026 | LA UNE : Partie 3 : Les ventes aux enchères côté sports équestres

SPORTS ÉQUESTRES

Les ventes aux enchères côté sports équestres

ParMarie-Hélène Blanchet

Ces dernières années, les ventes aux enchères de chevaux de sport se sont imposées comme l’un des acteurs incontournables du paysage équestre international. Depuis la création des ventes Fences en 1989 par Arnaud Evain, Bruno Souloumiac, Marcel Rozier, Yves Lemaire, Éric Nègre et Bernard Le Courtois, le secteur n’a cessé de se structurer et de se professionnaliser, accompagnant l’évolution du sport et les nouvelles attentes du marché.

Aujourd’hui, les ventes se succèdent tout au long de l’année et se déclinent sous de multiples formes. De Fences à Nash, en passant par Balsan Enchères, Equinia, Flanders Foal & Embryo Auction, Extra Horses, Ekestrian, Zangersheide Auction, Schockemöhle Online Auction, Grand Prix Sales, Normandy Queens Auction by Cheval Normandie, SLF Horse Auctions, Horse Auction Belgium, Stal Optimus Auction ou encore Equbreeding.auction, l’offre est large et variée. Certains événements réunissent chevaux et acheteurs sur un même site pendant plusieurs jours, tandis que d’autres misent sur des formats entièrement digitaux, organisés sur quelques heures ou quelques jours seulement. Longtemps essentiellement réservées aux foals, aux poulinières et aux jeunes chevaux de 2 et 3 ans, les ventes aux enchères ont progressivement élargi leur catalogue. L’augmentation de la production d’embryons issus d’étalons confirmés et de souches maternelles de haut niveau a naturellement entraîné le développement des ventes d’embryons. Parallèlement, la demande croissante pour des chevaux de sport déjà performants en compétition a conduit les organisateurs à développer des ventes spécifiquement dédiées aux performeurs, répondant ainsi aux nouvelles dynamiques du marché. Derrière chaque vente aux enchères, le choix des chevaux présentés obéit à une logique bien précise, étroitement liée au rôle et à l’implication de l’organisateur. Lors d’une vente de réduction d’effectif, celui-ci se limite à fournir un cadre et un savoir-faire logistique, sans intervenir dans la composition du catalogue. À l’inverse, lorsque la vente est conçue et portée par l’organisateur lui-même, les chevaux proposés proviennent d’une sélection rigoureuse effectuée par l’équipe, garantissant une cohérence et une qualité clairement définies.

Le développement international

Les ventes « physiques » continuent de s’appuyer sur de grands rendez-vous du calendrier équestre pour y trouver une clientèle toujours plus large et internationale. Organisées lors d’événements majeurs tels que la Grande semaine de l’élevage de Fontainebleau ou à l’occasion de compétitions de niveau 4 et 5*, elles rassemblent cavaliers, éleveurs et marchands venus du monde entier. Les soirées de ventes qui s’y déroulent se sont imposées au fil des ans comme des rendez-vous incontournables de la saison, attendus et suivis avec attention par les professionnels du secteur.

Parallèlement, l’arrivée du online sur le web a renforcé la portée internationale des ventes. Si certaines se déroulent désormais exclusivement en ligne, la diffusion en direct des ventes physiques permet aux acheteurs d’enchérir à distance, sans contrainte géographique. Une évolution déterminante : lors des dernières ventes Fences, plusieurs chevaux ont ainsi été acquis sur le web depuis l’Allemagne, la Suisse, l’Irlande ou encore l’Italie, illustrant l’ouverture supplémentaire au marché international.

Focus sur les chiffres

La transparence concernant les résultats des ventes n’est pas encore une généralité. Certaines ventes communiquent l’ensemble des informations en ligne dès le soir même ou le lendemain, tandis que d’autres ne publient aucun chiffre. En 2025, le prix record de 450 000 €, établi lors de la vente de l’Arc de Triomphe vingt-cinq ans plus tôt aux ventes Fences, a été détrôné avec un top price à 600 000 € pour l’étalon de 5 ans Celectrik D, adjugé lors de la Deauville Classic Auction. Lors de la Flanders Foal & Embryo Auction, c’est un foal appaloosa aux excellentes origines, C-Bra van het Bokt, qui a fait exploser les enchères en étant vendu 402 000 €.

Si certains résultats spectaculaires marquent les esprits, ils ne doivent pas masquer une réalité plus nuancée du marché des enchères. L’émulation du public, la concurrence entre acheteurs, et le prestige de l’événement contribuent alors à faire grimper les prix. Contrairement aux idées reçues, tous les chevaux ne se négocient pas à des prix exorbitants, et les ventes aux enchères ne s’adressent pas uniquement à une clientèle particulièrement fortunée.

L’édition 2025 des ventes Nash en est une parfaite illustration. Pour un chiffre d’affaires total de 925 000 €, les enchères ont affiché des niveaux de prix particulièrement accessibles, avec une moyenne de 19 000 € lors de la première soirée et de 23 578 € le lendemain. Des chiffres qui confirment que les ventes aux enchères restent un outil d’accès au marché pour un large éventail d’acheteurs, bien au-delà du seul segment du très haut de gamme.