Au cœur du ring N°17 Mars 2026 | LA UNE - Partie 2 : Dominique Boulard

« Éric Hoyeau est un chef d’ orchestre »

Par Paul Casabianca

Bloodstock chez ARQANA durant dix-sept ans, Dominique Boulard, à la retraite depuis 2024, nous retrace, à travers son parcours et ses expériences, ses années passées au sein de la célèbre agence de ventes française.


Pour ceux qui ne le connaissent pas ou peu, Dominique Boulard est un homme de cheval issu du sérail. Après avoir endossé le costume d’entraîneur, c’est aux côtés d’ARQANA, en tant que bloodstock, qu’il a collaboré durant près de deux décennies. Dix-sept ans passés chez ARQANA au cours desquels il a suivi et vécu son évolution et son rayonnement à l’international : « Les ventes de yearlings d’août et d’octobre, les breeze-up, les ventes de novembre et de décembre… toutes les ventes ont progressé au fil du temps grâce à l’internationalisation du marché, souligne celui qui a pris sa retraite en 2024. Une internationalisation qui repose sur des correspondants présents à travers le monde et le travail de prospection de nombreux commerciaux pour proposer aux acheteurs, en amont des ventes, les catalogues et les mettre en avant. Tout cela a été mis en place par ARQANA et cela a eu une répercussion sur les parts de marché et a permis de ramener des clients aux ventes. À l’époque de l’Agence française du pur-sang et de Goffs France, cela se faisait essentiellement avec les pays scandinaves. ARQANA a développé le marché à l’international mais a aussi proposé un catalogue plus haut de gamme. La montée en gamme des éleveurs a permis d’augmenter la qualité de nos yearlings. Les nouveaux formats successifs des ventes d’août et d’octobre, aménagés en fonction du calendrier international, ont contribué à leur développement. À mes débuts, les ventes d’octobre se déroulaient sur deux jours ; désormais, cela peut aller jusqu’à cinq, voire six jours, avec une catégorisation des journées : partie 1, partie 2, partie 3, etc. »

« La concurrence, c’est bon pour tout le monde »

Un développement et une vision à l’international, un calendrier réaménagé, des yearlings avec plus de pedigree, et une catégorisation des ventes sont les clés de la réussite d’ARQANA : « L’impulsion a été donnée par Éric Hoyeau. C’est un vrai chef d’orchestre. Par son implication, son parcours de gentleman et sa connaissance des courses, des chevaux et des éleveurs, Éric, avec le travail de ses collaborateurs, a démocratisé les ventes françaises à l’international et outre-Manche, et cela n’a fait que progresser au fil des années. » Dominique Boulard était en charge de la partie commerciale des chevaux à l’entraînement et des 2 ans d’obstacle, une discipline dans laquelle le savoir-faire de notre élevage français est connu et reconnu : «La qualité et la précocité de nos chevaux d’obstacles sont reconnues en Angleterre et en Irlande, grâce à l’élevage et à la méthode d’entraînement, sous l’impulsion de Guillaume Macaire, qui a quand même été un précurseur. Beaucoup de personnes se sont inspirées de lui. » Si la méthode de vente a évolué au fil du temps, amener un yearling ou un 2 ans sur le ring demande désormais un véritable effort de présentation : « Si vous voulez vendre un jeune cheval, un 2 ans d’obstacles aux ventes de juillet par exemple, il faut l’avoir préparé en amont par un préparateur pendant un mois et demi, note Dominique Boulard. C’est devenu un métier. Si vous l’amenez brut avec un peu de pedigree, vous allez toucher du monde, mais vous aurez plus de mal à le vendre. Cela n’était pas le cas à mes débuts ; cela s’est beaucoup accentué avec le développement du commerce. » Avec l’apparition des ventes en ligne, la concurrence est également plus présente qu’à ses débuts. Une bonne chose selon lui : « C’est bon pour les éleveurs, pour les agences, cela stimule les ventes. C’est bon pour tout le monde, et cela évite de se reposer sur ses lauriers. »