PATRICE QUINTON
G. Quel était votre état d’ esprit avec ce grand rendez-vous?
P. L. Saint Godefroy a maintenant 11 ans et on craignait que de briller dans de telles courses soit derrière lui. Je le voyais troisième au mieux, mais en digne fils de Doctor Dino, il adore les terrains lourds. Avant sa première course du meeting, le cheval avait fait une réaction allergique sur un tendon à la suite d’ une nouvelle argile que j’ avais achetée. Il manquait assurément de travail ce jour-là, mais ça devait être un mal pour un bien. Pour le Grand Cross, il a encore tout donné. C’ est vraiment un guerrier. Thomas Beaurain l’ a très bien monté et j’ ai trouvé très classe l’ accueil aux balances de Félix de Giles.
G. Comment Saint Godefroy gère-t-il les déplacements Dragey-Pau?
P. L. Il est caractériel et avec les voyages de 16 heures en deux jours, il se vide un peu. Et, comme il est très intelligent, il remarque en amont quand il va partir. Cette année, nous avions changé les habitudes pour éviter cela. Contrairement aux autres éditions, il n’ a pas eu de soins de massage, de bol d’ air ou d’ autres choses, et ce afin de le surprendre. J’ avais l’ impression qu’ on n’ avait pas fait notre travail correctement, mais avec ce changement d’ habitude, il a bien mangé jusqu’ à ce qu’ il monte dans le camion. Quand il a embarqué la veille de la course, je me suis dit que ça faisait longtemps qu’ on ne l’ avait pas eu aussi beau et aussi rond. Dans quelques semaines, il partira au champ, au grand dam de ses congénères, car c’ est le chef là-bas!
G. Quelles sont vos fonctions au sein de l’ écurie?
P. L. Je suis gérante de l’ écurie des Dunes et également associée sur la société d’ entraînement de Patrice depuis quelques années. Nous sommes partis de rien avec Patrice, mais comme nous sommes complémentaires dans le travail, notre divorce s’ est fait de façon intelligente il y a quinze ans, en pensant à nos deux filles, Maud et Lisa. Je peux travailler avec elles au quotidien et c’ est bien de les voir tous les jours. Elles sont passionnées et très investies, ce qui est très motivant. Elles ne prennent pas beaucoup de vacances et une telle victoire fait le plus grand bien. La partie entraînement n’ est pas de mon ressort, mais je suis dans la cour le matin. Je m’ occupe notamment des soins vétérinaires et nourris les chevaux l’ après-midi. J’ ai l’ œil partout( rires). Et l’ après-midi, je me consacre à la compta.
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G. Êtes-vous issue du milieu du cheval?
P. L. Pas du tout, mais j’ ai toujours été attirée par les chevaux. Je me souviens que, petite, je faisais des comédies pour aller aux comices agricoles en Mayenne avec mon père restaurateur, qui s’ occupait des repas de ces journées. J’ adorais être avec les chevaux et je rêvais même de vivre dans un ranch. Je suis arrivée à Sartilly à la mort de mon père quand j’ avais 10 ans. Je ne vis finalement pas dans un ranch, travaille beaucoup, mais je suis passionnée.
PATRICE QUINTON
« FÉLIX AVAIT SA SELLE DANS LE COFFRE! » Installé dans la ferme familiale de Dragey( Manche) qu’ il a su transformer au fur et à mesure des années, Patrice Quinton a inscrit pour la troisième fois son nom au palmarès du Grand Cross de Pau, spécialité qu’ il affectionne tout particulièrement.
Galorama. Comment envisagiez-vous ce cinquième Grand Cross de Pau pour Saint Godefroy?
Patrice Quinton. Saint Godefroy n’ avait pas pris dur lors de ces deux préparatoires. Contrairement à d’ autres hivers, il était sur la montante et était beaucoup plus serein durant les transports. Il avait travaillé à la plage de Jullouville en amont et était dans un magnifique état. Et l’ eau qui tombait sur Pau était un gros avantage pour lui.
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