Au cœur du ring N°17 Mars 2026 | Página 144

Photo d ' illustration.
© Aurélie Hamoir
•••
À quelques kilomètres de là, à Bazoches-au-Houlme, toujours dans l’ Orne, Éric et Myriam Alron proposent également un service d’ adoption basé au départ sur des juments de trait. « On a lancé l’ activité il y a plus de quinze ans, à une époque où on avait du mal à écouler nos poulains. Cela nous a permis de conserver nos juments. J’ ai des percheronnes et ma femme des cobs! » Sur les 280 hectares du haras de la Cauvelière, on rencontre aussi des vaches aubrac, charolaises et parthenaises, des brebis avranchines, les trotteuses de l’ élevage maison … Les juments de trait ne font pas l’ unanimité, certains craignant que leur lait riche et abondant ne rende les poulains trop lourds: « Les éleveurs de pur-sang aiment bien, ceux de trotteurs pas du tout. Ils pensent que leur orphelin se sera transformé en percheron au sevrage! » sourit Éric Alron, qui a fait adopter chez lui les frères et sœurs d’ un gagnant du Prix d’ Amérique. Il reçoit un tiers de poulains trotteurs, autant de galopeurs, « et le dernier tiers, destiné aux sports équestres, arrive en fin de saison. » Pour s’ adapter à la demande, Éric a également recruté des trotteuses comme nourrices.
Sacerdoce
Bénédicte Barrier et Éric Alron l’ affirment: recevoir des dizaines d’ orphelins chaque année est un sacerdoce! Car il ne s’ agit pas simplement d’ attribuer un poulain à une mère nourricière, mais aussi d’ accompagner la montée en lactation de celle-ci. « Nous avons en permanence des juments prêtes, et tant qu’ elles n’ ont pas de poulain nous devons les traire. On peut passer quinze jours sans foal, puis en
•••
# 17 144