Au cœur du ring N°17 Mars 2026 | Página 102

TOUR D’ HORIZON DES AUTRES DISCIPLINES

ARNAUD EVAIN « sans bons chevaux, il n’ y a pas de ventes qui durent » Par Marie-Hélène Blanchet

Fondées en 1989, les ventes Fences sont nées de la volonté de valoriser l’ élevage français de saut d’ obstacles à travers un format innovant et convivial. De la première soirée à Bois-le-Roi à un circuit structuré mêlant ventes physiques et enchères en ligne, le modèle n’ a cessé d’ évoluer. Arnaud Evain, associé fondateur, en retrace la genèse, les adaptations au marché et les ambitions pour l’ avenir.
GALORAMA. Qu’ est-ce qui vous a poussé à lancer les ventes Fences en 1989?
Arnaud Evain. Il y a eu la rencontre de deux trajectoires. D’ un côté, il y avait Marcel Rozier, qui souhaitait faire quelque chose dans le nouvel espace qu’ il inaugurait à Bois-le-Roi. Il s’ était rapproché d’ Éric Nègre en lui disant qu’ il faudrait organiser quelque chose pendant la Grande semaine de l’ élevage de Fontainebleau, où il y a beaucoup d’ étrangers, beaucoup de clients et beaucoup de commerce. Il avait vu des ventes aux enchères chez Éric Wauters, à Malines, et avait l’ idée d’ inviter du monde à dîner et de faire sauter les chevaux devant les gens. De l’ autre côté, avec Bernard Le Courtois, on en avait un peu assez de voir, à Poitiers, des foals se vendre 1 000 ou 2 000 francs. C’ était vraiment du bas de gamme. On s’ était dit qu’ on pourrait peut-être organiser une belle vente de foals à Deauville, dans le cadre des ventes de pur-sang – ce n’ était pas encore ARQANA. Puis, en novembre 1988, on s’ est retrouvés avec Marcel Rozier et Bruno Souloumiac à discuter de nos projets respectifs, et on s’ est dit: « Pourquoi ne pas faire ça ensemble? » Une vente avec des foals et des chevaux de saut. Les ventes Fences sont nées comme ça.
G. Quels souvenirs gardez-vous de cette première édition?
A. E. On l’ a vécue comme un éclair. On n’ était pas vraiment conscients des risques que l’ on prenait, mais on était très enthousiastes. On a eu la chance d’ avoir Baby Love Fontaine, la propre sœur d’ I Love You, qui s’ est vendue 220 000 francs à M. Lamotte( élevage d’ Helby). Il y avait aussi Barbarian, qui participera plus tard aux Jeux olympiques de Sydney avec Philippe Rozier. La première année, nous n’ avions pas encore mis en place de tournée de sélection mais dès la vente de 1990, en revanche, nous en avons organisé une. Le bon résultat de Baby Love nous a ouvert les portes de nombreux élevages et nous a permis d’ aller chercher la qualité que nous voulions l’ année suivante. Le cercle vertueux s’ est alors mis en place: d’ abord trouver de bons chevaux – car sans bons chevaux, il n’ y a pas de ventes qui durent – puis bien les vendre.
G. Lors de la première édition, a-t-il été facile de faire venir le public?
A. E. Oui, parce que c’ était une soirée très conviviale. On regardait sauter des chevaux, on passait un bon moment, sans aucune obligation d’ achat. La première année, il a fallu inviter beaucoup de
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