LE MARCHÉ EUROPÉEN DES VENTES AUX ENCHÈRES
La vente Goffs de l ' Arc à Bagatelle en 1986.
© APRH
C’ ÉTAIENT LES PREMIÈRES VENTES AVEC DES CHEVAUX
ENGAGÉS LE LENDEMAIN
en louant en priorité à l’ Agence française et en les obligeant à sous-louer à des prix exorbitants. Nous sommes alors allés à Clairefontaine, avec des boxes démontables.
G. Comment Goffs France a trouvé sa place dans ce contexte peu favorable?
P. A. Nous étions précurseurs en règle générale. Nous avons ainsi pris le créneau des chevaux à l’ entraînement car, avant nous, ces vacations étaient surtout composées de chevaux à réformer. Nous organisions notamment la vente de l’ Arc de Triomphe dans le manège du polo de Bagatelle, avec une clientèle internationale. C’ étaient les premières ventes avec des chevaux engagés le lendemain. Parmi les réussites sportives, nous pouvons notamment citer Irish Bird, une super jument de Daniel Wildenstein, qui a ensuite donné naissance à deux étalons, Bikala et Assert, tous deux vainqueurs du Jockey Club( N. D. L. R.: en 1981 et 1982). Sanedtki, multiple gagnante de Groupe 1, était aussi passée chez Goffs France. Je me rappelle bien également la vente de la succession de François Mathet dans la rotonde du restaurant de Chantilly. Tout le monde nous prenait pour des fous, mais les chevaux rentraient par la porte vitrée et tout s’ était bien passé.
G. Qu’ a apporté Goffs sur le sol français, fort de son expérience outre-Manche?
P. A. À l’ époque où Goffs est arrivé, l’ acheteur payait s’ il avait envie, et le vendeur était payé un an après, voire jamais. Goffs a alors mis en place la garantie de paiement en 45 jours aux vendeurs. L’ Agence française avait été contrainte de trouver une solution. Pour la première fois lors de ventes en France, les spotters( crieurs) sont apparus, mais les clients n’ étaient pas vraiment habitués à cela. Nous avons également développé les ventes de 2 ans montés, dont la première session avait eu lieu à Évry.
G. Quel bilan aviez-vous tiré de ces dix années à la tête de Goffs France?
P. A. C’ était difficile, mais très formateur. Les ventes se sont professionnalisées au cours des années et l’ effectif s’ était étoffé. Trois personnes que j’ avais recrutées à l’ époque sont toujours là, à savoir le très doué Éric Hoyeau, Sylvain Gosselin, directeur financier, et Rosa Gresset, qui s’ occupe de la partie administrative. Nous avions amené de la rigueur dans la gestion, avec très peu d’ impayés, contrairement aux autres agences. J’ avoue avoir été fier quand Goffs, la petite société, a racheté la grosse, l’ Agence française.
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