Au cœur du ring N°17 Mars 2026 | Page 58

LE MARCHÉ EUROPÉEN DES VENTES AUX ENCHÈRES

PASCAL ADDA « Nous étions précurseurs »

Par Emmanuel Rivron
Neuf fois Cravache d’ or des gentlemen-riders, directeur marketing de la Société des steeple-chases, mais aussi présentateur du tiercé sur feu La Cinq au début des années 1990, l’ entraîneur Pascal Adda a de nombreuses cordes à son arc, puisqu’ il a également dirigé Goffs France pendant une décennie.
Galorama. Comment vous êtes-vous retrouvé à la tête de la structure Goffs France, en 1978, âgé de 25 ans seulement?
Pascal Adda. Après ma maîtrise de gestion à Paris-Dauphine, j’ ai fait des évaluations de fonds de commerce à vendre pendant un an. Cet emploi avait surtout comme avantage de me permettre de monter en course. Et c’ est en allant monter à Pau que j’ ai connu un peu plus les ventes aux enchères, par l’ intermédiaire de Gérard de Chevigny. À vrai dire, je ne connaissais pas du tout ce secteur. J’ ai alors écrit une lettre en Irlande, à Goffs, pour présenter ma candidature pour leur projet français. Un mois et demi plus tard, Olivier Victor Thomas, qui avait vendu l’ Office du pursang à Goffs, m’ a appelé pour me dire que le patron de Goffs Irlande, Jonathan Irwin, voulait me voir. J’ ai cru à tort que cela faisait suite à ma lettre de candidature. Mais Olivier Victor Thomas avait entendu parler de moi par le biais de Berthold Lipskind, avocat. L’ entretien prévu le jeudi s’ est bien passé, et le vendredi, j’ ai été embauché! Un cocktail de présentation de l’ équipe de Goffs France était même prévu le samedi matin. J’ étais leur dernière chance en quelque sorte!
G. Comment se sont passés les premiers mois à la tête de cette nouvelle agence?
P. A. C’ était compliqué, mais j’ ai été bien soutenu par Michel Houyvet, qui avait de l’ expérience. Les capitaux provenaient de Goffs Irlande et de Fasig-Tipton. À l’ époque, il restait simplement une salariée, qui avait été reprise au moment du rachat de l’ Office du pur-sang. Goffs France avait juste exigé que j’ arrête de monter en obstacle. Et pour cause, si je me blessais en course, la moitié de l’ effectif aurait été à l’ arrêt! Pierre Charles Le Métayer, père de Bertrand, m’ a également aidé en m’ accompagnant à la tribune les jours de ventes. Nous devions aussi prospecter les yearlings, sans compter que la comptabilité n’ était pas tenue avant notre arrivée. Il a fallu se retrousser les manches pour préparer la vente du mois d’ août. Le marché des yearlings était très compliqué pour nous, car les gros vendeurs étaient tous actionnaires de l’ Agence française. Autant vous dire qu’ ils n’ allaient pas vendre chez nous. Parmi nos clients, nous avions quelques fidèles de l’ Office du pur-sang et tous les déçus de l’ Agence française. Dans un premier temps, nos ventes se déroulaient à Deauville. Ensuite, la Société d’ encouragement nous a fait un coup bas
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