ILS ONT FAIT L’ ACTU
Héritage d’ un père, naissance d’ une passion
Son enfance est une mosaïque de moments lumineux, parfois douloureux. Benjamine de 3 enfants, elle raconte avec émotion que son amour précoce pour les chevaux reste l’ unique héritage laissé par ce père adoré – et adorant – disparu trop tôt. « Mon père était un homme plein de vie, extraverti. Il aimait les voitures et les chevaux, des passions qu’ il pouvait s’ offrir grâce à son travail. J’ étais sa préférée, confie-t-elle. C’ est lui qui m’ emmenait à l’ hippodrome, lui qui partageait avec moi les courses. Ni ma mère ni mes frères ne s’ intéressaient à cet univers: j’ étais sa complice. » À 12 ans, Barbara est en selle sur des pur-sang. En Suisse, elle rencontre Martina, destinée à devenir non seulement sa meilleure amie, mais aussi sa future associée. La vie familiale, pourtant, est tout sauf simple. La séparation de ses parents la frappe de plein fouet, et sa mère tente de l’ éloigner à la fois de son père et des chevaux.
Opalus, le nez de légende
« Je n’ oublierai jamais l’ histoire d’ Opalus », raconte-t-elle. « Mon père avait acheté ce cheval aux ventes de Maisons-Laffitte. Un talent brut, mais indomptable. Son entraîneur, Ernest Bauer, le montait à la longe pour le récupérer quand il envoyait tout le monde au tapis, lui compris! Il décida de l’ engager dans le Derby d’ Autriche. Aucun jockey ne voulait le monter, tant sa réputation le précédait. Jusqu’ au jour où un vieux jockey, alcoolique, à la vie cabossée et sans engagement, accepta le défi. » Nous sommes le 6 juin 1976. Opalus part à 99 contre 1 et se détache dans la ligne droite pour l’ emporter d’ un nez. Un triomphe légendaire. « Ma mère m’ avait enfermée à la maison pour m’ empêcher d’ aller aux courses avec mon père. Je n’ ai pas pu vivre cet instant à ses côtés. Je n’ ai jamais oublié le moment où j’ ai vu les images d’ Opalus dans le rond des vainqueurs, la couronne de fleurs autour de l’ encolure. »
Le « transfert français »
La proposition d’ un ami très proche de son père marque le début de sa vie en France. « Il m’ a suggéré d’ aller m’ occuper des chevaux d’ un propriétaire à Maisons-Laffitte. J’ ai fini par accepter. » Cavalière d’ entraînement en France, elle rentre ensuite en Suisse pour travailler dans un restaurant. « Je travaillais durement, pour soutenir ma famille et mes 2 enfants, mais aussi car je n’ ai jamais cessé de rêver de devenir un jour propriétaire, me confie-t-elle. Être aux côtés des chevaux, c’ est une façon de faire revivre mon père, en moi et à travers moi. »
Sparkling Star et Jean-Marie Béguigné
Aujourd’ hui, Barbara fait partie du paysage de Chantilly. Chaque matin, elle assiste aux galops de ses chevaux, aux côtés de son entraîneur, Jean-Marie Béguigné, avec qui elle partage une exigence absolue de soin, de respect et d’ écoute de l’ animal. « L’ entraîneur idéal est arrivé après bien des essais. Au début de mon association avec Martina, nos chevaux étaient répartis dans plusieurs écuries. Mon père répétait souvent:” on ne met pas tous les œufs dans le même panier”. Mais, au fil du temps, nos valeurs communes nous ont conduites à tout regrouper chez M. Béguigné. Il supporte très bien ma présence régulière. Nous parlons ensemble des engage-
PAGE DE GAUCHE
Barbara Goujon-Wälchli.
© Archive personnelle
CI-CONCTRE
Opalus orné de la couronne de fleurs du lauréat du Derby autrichien en 1976.
© Archive personnelle
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