PARTIE 2 / AGENTS DE JOCKEYS, SEULE BONNE OREILLE?
À LA UNE
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Pierre-Alain Chéreau( tout à droite).
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été très interpellée par la difficulté du métier, de devoir faire un « reset » toutes les 30 minutes entre chaque course. Elle était également surprise que les jockeys ne soient pas suivis dès leur plus jeune âge. Cela s’ apprend, il y a des techniques, et de ne pas y avoir accès complique leur tâche. Nous avons une très bonne base de jockeys, mais je pense que nous pourrions exceller si nous avions plus d’ encadrements. Tout comme les sportifs professionnels, les jockeys doivent composer avec une équipe autour d’ eux. Il faudrait qu’ ils en aient conscience. L’ institution, via l’ AFASEC, progresse sur le sujet. L’ arrivée de référents tels que Thierry Jarnet ou Thierry Thulliez, c’ est exceptionnel. J’ espère que les jeunes s’ en rendent compte. D’ ailleurs, en parlant de jeunesse, je trouve que les courses de poneys sont un très bon levier pour notre filière. Mais la contrepartie, c’ est aussi l’ aspect mental. Quand vous n’ êtes qu’ un enfant et que vous ne faites jamais l’ arrivée parce que vos parents n’ ont pas les moyens de vous acheter le bon poney, ou que vous arrêtez du jour au lendemain parce que votre croissance ne vous permet plus de monter, c’ est très dur! Il ne faut pas négliger ce point-là, et je sais que les équipes et organisateurs autour des courses de poneys y sont sensibles et y travaillent. À nouveau, cela commence dès le plus jeune âge. Et cela est valable également pour préparer la retraite. Il faut être accompagné, car du jour au lendemain vous n’ avez plus de but. Tout est une question d’ anticipation.
LES AGENTS, COACHS MENTAUX MALGRÉ EUX
PIERRE-ALAIN CHÉREAU
Par Céline Gualde
Pierre-Alain Chéreau gère, avec son associé
Giovanni Laplace, les intérêts de neuf jockeys de plat( dont Cristian Demuro et Maxime Guyon) et six d’ obstacle( James Reveley et Angelo Zuliani notamment). Leurs s ont des profils et des personnalités bien différents mais un point commun: aucun ne voit de psychologue ni de coach mental! Une situation que Pierre-Alain Chéreau aimerait voir évoluer: « Je les ai incités à entamer cette démarche mais sans succès pour l’ instant. Ce n’ est pas encore acté dans notre milieu, ce n’ est pas dans notre culture et c’ est dommage, car les jockeys auraient besoin d’ un soutien mental au même titre que tout athlète de haut niveau.» Les agents sont généralement très proches des pilotes dont ils gèrent les intérêts. Ils sont donc en première ligne quand l’ un de leurs jockeys a des soucis: période sans victoire, suspension, blessure … « J’ ai besoin d’ être ami avec les jockeys que je représente et je m’ intéresse à la psychologie, mais malgré mon envie de les soutenir, je n’ ai pas les compétences d’ un coach mental. Les agents absorbent beaucoup la frustration des jockeys, ils font office de buvard de toutes les émotions. Ce n’ est pas toujours simple à vivre et on n’ a pas forcément les bons mots en retour. Évidemment, tous les jockeys qui évoluent au plus haut niveau supportent la pression mais cela serait bénéfique pour eux de rencontrer quelqu’ un d’ extérieur qui les écoute, les aide à gérer leurs émotions, à rester lucides et concentrés sur leurs objectifs. Cela les rendrait peut-être encore plus performants.»
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