ENTRAÎNEUR
Par Katherine Ford
Entraîneur lauréat de Groupe 1 et issu d’ une grande famille de la profession, Harry Dunlop a rendu sa licence fin 2022. L’ homme de Robin Of Navan (Critérium de Saint-Cloud - Gr.1) et de plusieurs vainqueurs de Groupe à travers l’ Europe, citait à l’ époque les difficultés économiques du moment. Aujourd’ hui, Harry Dunlop se consacre à différentes activités dans les milieux de l’ art et le paysagisme, mais il reste très impliqué dans la filière hippique à travers une initiative pour accompagner les entraîneurs. « Cela s’ appelle simplement le Trainers Support Network (réseau de soutien aux entraîneurs). L’ idée m’ est venue juste avant que j’ arrête ma carrière d’ entraîneur, quand un professionnel m’ a abordé sur les pistes de Lambourn. Il n’ était pas en bon état au niveau émotionnel. Ses chevaux n’ étaient pas en forme et financièrement cela devenait compliqué. On a échangé un petit peu, comme ça, et puis on s’ est quittés. Je me demandais vers qui il allait pouvoir se tourner… » Les jockeys et le personnel des écuries bénéficient de solutions d’ accompagnement en santé mentale à travers la Professional Jockeys Association et Racing Welfare respectivement, et l’ idée a germé pour proposer un soutien adapté aux entraîneurs. Avec l’ aide des associations du Racehorse Trainers Benevolent Fund et du Sir Peter O’ Sullevan Charitable Trust, le Trainers Support Network est né et compte aujourd’ hui huit collaborateurs à travers le pays. « Il s’ agit d’ échanger avec des personnes qui ont besoin d’ une oreille attentive et bienveillante, aux courses ou aux ventes. Si quelqu’ un a envie ou besoin de parler, nous sommes là, en toute confidentialité. On travaille avec le psychologue sportif Michael Caulfield, mais aussi d’ anciens entraîneurs, des gens raisonnables, qui ont envie d’ aider. Notre rôle est d’ écouter, et lors de cas plus graves, nous pouvons orienter les gens vers des spécialistes. Nous proposons un service informel, discret. On n’ est pas là pour amener des personnes dans une pièce assombrie pour une analyse approfondie. »
En 2025, jusqu’ à fin juillet, les représentants comptent 95 journées sur le terrain, plus de 600 contacts et 195 consultations téléphoniques. Un service qui répond à une demande malheureusement omniprésente. « Notre initiative concerne tous types de professionnels et nous sommes sollicités par grands et petits entraîneurs, y compris par des personnes qui connaissent une grande réussite dans les plus belles courses. Notre rôle est particulièrement important auprès des jeunes entraîneurs qui rencontrent beaucoup de succès pendant les premières saisons et qui ont du mal à appréhender une baisse de forme. Un entraîneur doit être entrepreneur, animateur, responsable de ressources humaines… Les résultats sont visibles en un clic, ce qui apporte une grande pression, tout comme les clients modernes qui exigent des résultats rapides. Puis, de nos jours, tout est exacerbé par les réseaux sociaux. Les insultes et abus subis par les entraîneurs sont difficiles à supporter, et on travaille avec un spécialiste pour combattre ces trolls. »
Le fils aîné d’ Harry Dunlop, Tom Dunlop a hérité de cette envie d’ aider les autres. Le jeune homme de 19 ans s’ est lancé un grand défi cet été, Tom’s Big Bike Ride, 4 000 kilomètres à vélo pour faire le tour des 60 hippodromes anglais, écossais et gallois, afin de récolter des fonds pour deux œuvres caritatives dont le Injured Jockeys Fund. « La première chose à dire, c’ est que c’ était 100% son idée. Il s’ est dit que ce serait amusant de visiter tous les hippodromes à vélo. Je suis très fier de lui! Pendant 33 jours, il a pédalé entre 100 et 150 kilomètres, sur tous les terrains et dans des conditions parfois difficiles. 300 personnes sont venues l’ accueillir lors de la dernière étape du périple qui s’ est terminé à Newbury et il a vraiment mérité cette réception chaleureuse. » Un accueil en fanfare et une cagnotte qui frôle les 50 000 €, ce qui permettra encore de venir en aide à des gens en difficulté.
Harry Dunlop trophée en main après la victoire de Robin of Navan dans le Critérium de Saint-Cloud. © APRH