Par Serge Okey
« BIG MONEY »
Les fans de musique noire US vont grimper aux rideaux. Ce n ’est pas seulement un album, mais un saut de l’ange dans l’ADN musical de la Nouvelle-Orléans: le blues, le jazz, la soul… Surtout connu en Europe pour sa BO de Soul (Pixar), Jon Batiste est considéré, à raison, comme un prodige au pays de l’Oncle Sam. Après avoir brillamment réussi à placer Beethoven sur l’orbite du blues, le boss musical du « The Late Show with Stephen Colbert » prend un pied immense à ressusciter cette fois la mosaïque musicale de la Louisiane. Portés par un son fantastique, une prépondérance de la guitare et un groove du tonnerre, ces huit titres passent par toutes les émotions avec un plaisir rare et un brio audacieux. Que vous aimiez Prince, Al Green, Ray Charles, Little Richard, Chuck Berry, jusqu’ à Bob Marley, ce « Big Money » est une « Big Idea » de génie.
« WATT »
Si vous n ’avez jamais entendu parler de ce poète breton au timbre magnétique, il faut vraiment songer à couper Equidia ou poser les rênes de temps à autre. Vite passer au débourrage avec le tube de ses débuts « Hypernuit », brancher les oreillettes sur « Choses Nouvelles », et lâcher les chevaux avec son remix de « Oiseau » (avec Laurent Bardainne et Tigre d’Eau Douce). Passée cette séance de rattrapage, vous comprendrez que Bertrand Belin est parti pour être en selle un long moment sur les toits de la chanson française. Et ce n’est pas ce nouvel album, le huitième au rythme d’un tous les trois ans, qui va contrebalancer ce savoureux vent portant. Artiste total, BB chante le banal, de préférence bancal, avec une hauteur théâtrale très à cheval sur l’ absurde. Un « inconnu en personne » déjà incontournable. Digne héritier de Bashung.
Par Serge Okey
À l ’image des livres dans les libraires, les sorties pleuvent en cette rentrée 2025. Alors pour célébrer l’automne et achever ce tiercé musical, on a opté après deux excellentes bases pour un champ réduit très large. Gorillaz y fait son grand retour au côté de Sparks, Baxter Dury reste maître de la décadence avec style, CMAT chante la country au pays de Coolmore, les guitares s’envolent avec The Hives et Miles Kane, les enceintes s’emballent avec les divas Doja Cat et Sabrina Carpenter, Vanessa Paradis prépare son retour sur des sonorités de Daho, Tame Impala se transforme en Dracula, Big Thief, Automatic et Lola Young sonnent comme des curiosités, Robert Plant remet le couvert avec une vieille reprise sortie de l’ oubli, et Superpoze fusionne piano et techno à la manière de Rembrandt, en clair-obscur.