encouragés. Certains ont également besoin que toutes les planètes soient alignées pour être performants. Il y a aussi une différence entre ceux qui sont déjà père ou qui vont l’ être et souhaitent passer du temps avec leurs familles, et ceux qui ont la tête dans le guidon pour essayer de franchir un cap. » Anthony a sa méthode pour les faire parler, bien qu’ il reconnaisse ne pas toujours avoir les bons outils pour cela et que d’ être formé pourrait permettre de mieux accompagner: « À force de travail, on sait comment les appréhender. J’ essaie souvent de les faire parler, sans qu’ ils ne s’ en rendent compte, probablement parce qu’ on échange comme des amis et non comme des collègues de travail, finalement, ils ne se rendent pas compte que cela s’ apparente davantage à du coaching. » Pour lui, c’ est un sujet dont les jockeys ne se préoccupent pas vraiment: « Je ne crois pas qu’ ils y pensent, d’ autant plus quand ils sont sur les rails. Et puis ils n’ ont pas vraiment le temps de faire autre chose que de courir, et ne prennent pas le temps non plus. Je pense que c’ est aussi dans les mœurs, il ne faut pas dire que tu n’ es pas au top, c’ est comme s’ ils disaient qu’ il ne faut pas faire appel à leurs services. C’ est un milieu qui est dur, au foot par exemple, les équipes adverses vous les rencontrez deux ou trois fois dans l’ année, alors que dans notre milieu, tes adversaires tu les affrontes jusqu’ à sept ou huit fois par jour. Et même si souvent ce sont tes amis, ce sont aussi tes adversaires, c’ est probablement aussi pour cela qu’ ils avouent rarement quand ça ne va pas ».
© APRH
STEVE OBRY
Par Cécile Adonias
Steve Obry est agent de jockeys depuis plus de quinze ans et compte actuellement quatre jockeys de plat à son agenda. Il échange sur la question de la santé mentale des jockeys.
Galorama. Quel est, selon vous, l’ état de santé mentale des jockeys?
Steve Obry. Les jockeys sont surmenés. Ils montent beaucoup de courses tout au long de l’ année et ils ont forcément des passages à vide. Le rythme est intense, entre les galops le matin, les déplacements et les courses, sur une plage horaire très étendue de 10 h à 22 h 30. Avant, les jockeys parisiens se déplaçaient moins en province, maintenant, il n’ y a plus de frontières. Quelque chose s’ est cassé il y a quelques années. Biologiquement, c’ est très difficile. C’ est dur pour les jockeys qui font régime de gérer ces horaires si différents.
G. Quel est le rôle de l’ agent dans ce cadre? S. O. Nous sommes l’ oreille des jockeys, nous devons les écouter, les amener à échanger, mais surtout les écouter. Il faut savoir quand ils ont « besoin de lever le pied » pour qu’ ils puissent se ressourcer et repartir de plus belle. La forme est cyclique, c’ est à nous de les accompagner pour que cela se passe au mieux, aussi bien sur la piste que dans leur tête.
G. Les jockeys que vous suivez ont-ils des coachs mentaux?
S. O. Pour le moment non, mais nous allons y venir. J’ avais rencontré la coach de Teddy Riner en ce sens. Nous avons beaucoup échangé et elle a
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