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Interview croisée mère et fils, tous les deux agents de jockeys: Sandie Doussot et Dylan Billot nous parlent de leurs jockeys.
Galorama. Quel est l’ état de santé mentale des jockeys?
Sandie Doussot. Cela dépend de là où ils en sont dans leur année suivant leurs objectifs et les aléas des courses( mises à pied, chutes, méforme …). De manière générale, je dirais qu’ il y a une vraie différence entre les quinze premiers et les autres. Ils ont une autre vision du métier, un mental de guerrier et poursuivent un but précis. Ils sont plus proches du sportif de haut niveau.
Dylan Billot. Concernant mon équipe, je suis assez content. Elle est soudée et motivée. La reprise des courses à Paris les relance. C’ est finalement assez cyclique, ce qui est normal. Et ce n’ est pas une question d’ âge. Quand on voit Johnny Charron qui, à 45 ans, reste motivé comme un jeune de 18 ans, comme s’ il n’ avait jamais gagné de Groupe 1, c’ est appréciable.
S. D. C’ est à nous de prendre le relais quand il y a un « coup de mou ». Nous organisons leur planning afin qu’ ils n’ aient aucune charge mentale, qu’ ils aient l’ esprit libéré et plus qu’ à prendre du plaisir en courses pour aller chercher les meilleures performances.
DÉCHARGER MENTALEMENT LES JOCKEYS POUR LES AIDER À PERFORMER!
SANDIE DOUSSOT & DYLAN BILLOT
Par Cécile Adonias
D. B. À nouveau, nous sommes une équipe. Nous échangeons beaucoup entre nous et entre jockeys. L’ entraide entre eux est très forte.
G. Certains de vos jockeys recourent-ils à un coach mental?
D. B. Gabin Meunier y a eu recours et cela l’ a beaucoup aidé à se canaliser entre les courses. C’ est un besoin qui doit être normalisé.
S. D. Je réfléchirais plutôt de manière globale. Ils ont besoin d’ un coach mental mais sportif aussi. Monter seulement à cheval ne suffit pas pour être au top de ses capacités. Cela a certes un prix, mais c’ est avant tout un engagement pour progresser. En tant qu’ agent, nous sommes un peu aussi des coachs. Il faut apprendre à les connaître et à s’ adapter à chacun d’ entre eux. Nous les accompagnons pour qu’ ils atteignent leurs objectifs en prenant la responsabilité de la charge mentale organisationnelle. Par exemple, j’ annonce aux jockeys leur monte qu’ au moment des partants probables. Avant, il y a trop de mouvements et cela pourrait créer des déceptions.
D. B. J’ ai mes jockeys tous les jours au téléphone, même plus que ma famille( rires).
S. D. Nous parlons de tout, des courses comme de leur vie quotidienne, car cela peut avoir un impact. Nous ne sommes pas qu’ une équipe de travail mais une famille qui reste en contact 365 jours par an, car cela ne s’ arrête jamais. D’ ailleurs, peutêtre que le programme pourrait être lissé, surtout en obstacle, pour ne pas avoir deux réunions de courses une semaine et cinq la suivante.
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