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spéculative et tout a été biaisé par le commerce, commente Pascal Noue. C’ est allé trop loin, trop fort. Certaines juments ne méritent pas, objectivement, d’ être mises à la reproduction, et nous allons tous être contraints de nous montrer plus sélectifs. » L’ élevage français en ressortira peut-être avec moins de juments, mais elles seront vraisemblablement d’ un meilleur niveau général.
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Nicolas de Chambure
© APRH
La débrouille
Les éleveurs cherchent à s’ adapter à la nouvelle réalité économique. Laurence Gagneux reçoit des trotteuses italiennes pour la saison de monte, « elles font bouillir la marmite ». Elle n’ a pas pu se résoudre à se séparer de ses juments non saillies, qu’ elle a donc « stockées » et continue à vacciner tous les 6 mois. « On se met en sommeil mais on ne rend pas les armes! » L’ éleveuse de Diamond Carl se prépare aussi à faire entraîner certains de ses pensionnaires, ceux qu’ elle n’ a pas vendus. Beaucoup d’ éleveurs sont dans ce cas, espérant voir briller leurs élèves sur les hippodromes pour réaliser de belles ventes a posteriori, le marché du cheval performeur étant plus fort que jamais. « Il y a des choses qui restent très positives », affirme Nicolas de Chambure, propriétaire du Haras d’ Etréham où sont basés des étalons de plat tandis que les reproducteurs « obstacle » de la structure officient au Haras de la Tuilerie, dans l’ Orne. Parmi eux les très demandés Goliath du Berlais et Masked Marvel. « La marque française reste forte et la demande est soutenue pour les bons chevaux de course. Mais les propriétaires français capables d’ investir entre 20 000 € et 80 000 € manquent, et France Galop doit absolument faire en sorte d’ en recruter. Le monde de l’ obstacle entame une mue que le plat est encore en train de réaliser: il s’ agit de trouver des solutions de syndication pour exploiter les chevaux en compétition au lieu de les vendre à bas prix sur un marché du yearling de plus en plus sélectif. Plutôt que de commercialiser à perte, ils prennent le risque de porter leurs chevaux plus loin en trouvant des partenaires. Les éleveurs d’ obstacle les plus importants le font depuis longtemps. Ceux qui ont moins de moyens ou moins de volume vont devoir prendre ce pli et s’ adapter. Mais il ne faut pas penser qu’ élever n’ a plus de sens simplement parce que notre manière de commercialiser évolue. » Nicolas de Chambure œuvre à la création d’ une plateforme de syndication des chevaux en ligne, avec l’ appui d’ une agence de ventes aux enchères et pourquoi pas de la Fédération des éleveurs. Chacun pourrait y proposer ses jeunes chevaux ou poulinières dans un cadre professionnel et sécurisé. « Cela aiderait peut-être les éleveurs qui manquent de réseau, et les courtiers et propriétaires pourraient aimer s’ en servir », conclut Nicolas de Chambure.
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