PÉDAGO
Quand les bovins mènent la danse
Heureux les éleveurs qui, en plus des chevaux, ont aussi des vaches dans leurs herbages! C’ est le cas de nombreux professionnels dans le centre de la France. Après des années de crise, le marché des bovins est en plein boom, à tel point que les courbes de valeur se sont croisées: alors qu’ une jument, même pleine, peut ne faire qu’ une enchère aux ventes et être bradée pour 1 000 ou 2 000 €, le prix d’ une vache atteint aujourd’ hui les 3 500 à 4 000 €. C’ est presque le double d’ il y a deux ans. « Avant, les juments amélioraient l’ ordinaire, explique Bruno Vagne de l’ élevage d’ Allen, basé dans le berceau du charolais. La production d’ une jument rapportait autant que 5 ou 6 vaches, mais aujourd’ hui la situation s’ est inversée. » Ces vingt dernières années, la taille du cheptel bovin français a baissé de 2 à 3 % par an. En 2005, la production française correspondait à la consommation, qui est restée relativement stable depuis. « Il n’ y a donc plus assez de vaches en France, d’ où cet accroissement de leur valeur » explique Bruno Vagne. « En termes de volume de travail, une jument équivaut à 6 vaches. Ces dernières décennies les chevaux ont permis de garder les bovins mais aujourd’ hui ils détériorent plutôt le résultat. Le risque c’ est que des éleveurs qui ont 80 vaches et 2 ou 3 juments se séparent de ces poulinières pour acheter 10 bovins de plus. » De nombreux éleveurs mixtes qui envisageaient un temps de réduire leur troupeau bovin s’ appuient aujourd’ hui sur les vaches pour faire prospérer leur exploitation, lui apporter visibilité et stabilité, car le prix d’ un veau est à peu près connu dès qu’ il tombe dans la paille. La diversité des activités et des productions est aussi une façon de résister à la crise.
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