Damien Vagne et son père Bruno, tous deux à gauche, récompensés pour leur élevage d ' AQPS.
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••• Ce n’ est plus le cas aujourd’ hui. Nous avons donc réformé certaines poulinières vers le sport ou le loisir. D’ autres juments avec de très bons pedigrees, mais dont nous avons des filles ou des sœurs, sont passées en vente.» Nicolas Simon vient lui de reprendre seul le Haras du Saz, basé en Loire-Atlantique. Il était jusqu’ à présent associé à son père Roger-Yves. Il n’ a fait saillir que 60 % de ses juments en 2025. « Nous utilisons les étalons maison pour la grande majorité d’ entre elles. Jusqu’ en 2023, j’ ai toujours cédé tous les poulains que je passais aux enchères, mais en 2024 et 2025, j’ ai fait de très mauvaises ventes. Les yearlings, même très beaux, n’ ont plus leur place sur le ring sans une page de catalogue très solide. Ils retournent dans leur pré ou partent au Kazakhstan et sont de toute façon perdus pour les courses françaises. J’ ai 18 juments pleines cette année, mais je n’ en ferai resaillir que 12 ou 15. Ce qui m’ inquiète surtout, c’ est que je rencontre beaucoup de petits éleveurs qui ont 1 à 3 juments. Ceux qui n’ ont pas vendu leurs poulains ne comptent pas faire resaillir cette année. Or ces gens sont la base de la pyramide et surtout ce sont mes clients.» Le meilleur ambassadeur du Saz, élevage mixte plat et obstacle, est actuellement Haïti Couleurs, récent vainqueur du Grand National gallois( Gr. 1). Ce tout bon cheval est un fils de l’ ex-étalon maison Dragon Dancer. Le Saz a toujours stationné deux ou trois sires, généralement recrutés à l’ issue de leur carrière de courses. Il s’ agissait de les lancer en suivant les convictions et le flair maison, sans grand renfort de communication. Un pari quasi-impossible à réussir aujourd’ hui, l’ étalonnage devenant de plus en plus compliqué pour les petites structures qui n’ ont pas les moyens de soutenir leurs étalons en leur confiant un grand nombre de juments ou en achetant leurs foals. « 2026 sera une année de transition. Si je réinvestis dans un étalon, ce ne sera pas seul, mais en partenariat avec d’ autres éleveurs. Je vais faire saillir davantage à l’ extérieur en choisissant des étalons dont le prix se situe entre 3 000 et 10 000 €. »
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