DISQUALIFIÉS
Alors que Donald Trump vient de limoger Lisa Cooks, une des sept gouverneurs de la Réserve Fédérale Américaine, le Premier Ministre François Bayrou s’ est autodisqualifié en réclamant un vote de confiance à l’ Assemblée nationale qui était perdu d’ avance. La dette publique française sur une maturité de 10 ans se traite désormais à un niveau proche de celle de notre voisin transalpin comme la photo finish d’ une course hippique. Le taux d’ intérêt français a d’ ailleurs augmenté de 40 points de base depuis le point bas du mois de juin dernier. Les marchés financiers doucement, mais sûrement, vont donner un prix à l’ incertitude politique et économique qui devient chronique désormais, comme l’ Italie l’ a longtemps expérimentée. Le philosophe allemand Friedrich Nietzsche théorisait la nécessité du changement lorsqu’ il écrivait « La croyance que rien ne change provient soit d’ une mauvaise vue, soit d’ une mauvaise foi. La première se corrige, la seconde se combat ». En France, rien ne semble changer sur la trajectoire des comptes publics et tout recul devant des décisions courageuses mais nécessaires rendra plus douloureux les ajustements lorsqu’ ils devront se produire. Sur les marchés actions, le rebond depuis le mini-crash du Liberation Day, en avril, permet aux investisseurs d’ afficher des performances généreuses, surtout au vu d’ un contexte macroéconomique morose et de conflits non encore résolus( Israël / Gaza et Ukraine / Russie) et ce, malgré les tentatives pour l’ instant infructueuses, de négociations de paix et de cessez-le-feu. Les multiples de valorisation des actions américaines et européennes montrent toujours une divergence importante en faveur de l’ Oncle Sam. En effet, le PE 2025 de l’ indice MSCI USA s’ affiche à 25,2x pendant que celui du MSCI Europe affiche 14,7x. Si on regarde les prévisions de résultats entre deux autres grands indices, le S & P 500 et le STOXX 600, on constate bien également une divergence de perspectives de croissance en 2025: 10,7 % contre 1,9 %. En revanche, les progressions bénéficiaires estimées sont proches en 2026(+ 13,3 % vs 11,4 %), même avec la forte pondération des valeurs technologiques américaines. L’ Europe apparaît, comme souvent, sous-valorisée malgré la présence de valeurs boursières de qualité et d’ un momentum de résultat qui s’ améliore sur la séquence 2025-2026. Les secousses potentielles sur les valeurs françaises après la démission du Premier Ministre devraient ouvrir une nouvelle fenêtre d’ opportunité sur le CAC 40. Comme on dit au PMU, faites vos jeux!
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