MIND(RE)SET N°13 Octobre 2025 | Page 71

Marie Caucanas
PARTIE 2 / QUEL EST LE RÔLE DE L’ ENTOURAGE?
À LA UNE
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Après un parcours riche de nombreuses expériences en événementiel, en tant que cavalière professionnelle de CSO et jeunes chevaux, ou encore comme enseignante d’ équitation, Marie Caucanas a ouvert son cabinet de psychologie et de préparation mentale en 2016, principalement orienté vers les cavaliers.
Galorama. Quel est l’ état général de la santé mentale des sportifs, et des cavaliers plus particulièrement?
Marie Caucanas. Je ne sais pas si on peut faire une généralité. Chez certains, il est très dégradé tandis que d’ autres, dont l’ environnement est conscient et équilibré( famille, amis, partenaires professionnels …), vont bien. Il y a toujours des facteurs internes et externes au bien-être. Il faut arriver à les identifier et les comprendre pour pouvoir se concentrer et être au maximum de ses capacités le moment venu.
Marie Caucanas
Par Cécile Adonias
G. Quelles sont les principales difficultés auxquelles les cavaliers / sportifs sont confrontés?
M. C. Si on généralise, le professionnel peut rencontrer des difficultés à un moment où les résultats vont baisser, la confiance va alors se dégrader et il faut trouver des leviers pour remonter la pente. Pour un amateur, c’ est plutôt la peur de mal faire, de blesser son cheval, la chute, etc. Il faut les rassurer avec, par exemple, un dialogue interne authentique, reconscientiser les actions par le mental, pour qu’ il puisse retrouver du plaisir et de la sérénité.
G. Est-ce qu’ il y a des similitudes entre les difficultés rencontrées par les cavaliers / jockeys et celles d’ autres sportifs de haut niveau?
M. C. Les sportifs de haut niveau ont un point commun, leur intelligence émotionnelle. Ils développent tous des capacités d’ analyse poussées et ont une capacité à prendre des décisions rapides. Ils sont également capables d’ accepter la douleur afin d’ obtenir les résultats escomptés. La détermination est un facteur universel chez eux.
G. À partir de quel moment un sportif doit-il se faire accompagner?
M. C. Quand ça va bien( rires)! Le mieux, c’ est de ne pas attendre d’ être dans le creux de la vague pour consulter. Cela permet de mettre en place une hygiène de vie et de mieux se connaître pour trouver un équilibre émotionnel. Nous restons des humains avec des hauts et des bas. Cela n’ empêche pas l’ échec, mais cela permet de le traverser plus rapidement et de mieux repartir. Il est important de travailler avec un professionnel pour garantir la neutralité et la confidentialité des échanges. Et bien sûr, si le sportif ne va pas bien, il ne faut pas attendre et aller consulter au plus vite.
G. Est-ce qu’ il y a un manque d’ encadrement sur ce sujet au sein de la filière équine? Des solutions communes à l’ ensemble de la filière pourraient-elles être créées?
M. C. Il y a mille choses à faire! Aussi bien des solutions individuelles qu’ institutionnelles. Et encore plus dans les courses où il faut démystifier la santé mentale.
G. Pouvez-vous présenter plus en détail votre mission au sein de la FFE?
M. C. La FFE m’ a contactée il y a quelques années pour créer une liste de professionnels auprès desquels il n’ y aura pas de risque d’ emprise, ni de dépendance( volontaire ou involontaire) mais la garantie d’ une intégrité morale. Nous vérifions les parcours des postulants et nous retenons les praticiens capables d’ être dans la relation d’ aide. Cela demande des formations solides et de l’ expérience. Nous cherchons avant tout à protéger les cavaliers.
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