JE N’ EN SERAIS PEUT-ÊTRE PAS LÀ SI JE N’ AVAIS PAS EU RECOURS À L’ ACCOMPAGNEMENT
ALEXANDRE ABRIVARD
© APRH
Par Mélodie Janvier
Alexandre Abrivard, c’ est l’ enfant prodige du trot: passé professionnel en un temps record- six mois seulement. Plus jeune driver à atteindre la barre des 2 000 succès, à 29 ans, il est aussi recordman du nombre de victoires durant un meeting d’ hiver de Vincennes( 99). Détenteur de quatre Étriers d’ or, Sulky d’ argent en 2022 et de bronze en 2023, il va vite. Très vite.
Il est issu du sérail et les attentes sont fortes mais, à l’ image des grands pilotes, Alexandre sait gérer ce genre de pression. Quand il croise le chemin de Jean-Michel Jarry pour la première fois, ce n’ est pas pour ses compétences en coaching mental, mais « simplement » pour une séance d’ ostéopathie. « À la base, c’ était mon ostéo. C’ est plutôt lui qui a fait la démarche de me parler du coaching dont il pouvait me faire bénéficier. Il avait surtout travaillé avec des pilotes automobiles et des golfeurs. Quand on lui demande à quels moments il a eu besoin de ses services, il répond franchement: c’ est malheureux à dire, mais on fait appel à ces gens, qui sont des professionnels de santé, quand ça ne va pas. Il m’ a permis de relativiser beaucoup de choses, ça a été beaucoup de travail sur soi, surtout les deux premières années, il a fallu régler la machine. Désormais, je me connais mieux, et nos entrevues sont plus occasionnelles, c’ est surtout du prévisionnel, quand on sait qu’ une période potentiellement difficile peut arriver ». Mais le rôle de Jean-Michel Jarry ne s’ est pas arrêté au côté professionnel: « J’ ai commencé à travailler avec Jean-Michel à l’ arrivée de mon premier garçon, encore une fois, il m’ a permis de relativiser les choses, avant, une course c’ était tout, maintenant, si j’ ai fait cinq distancés dans la journée, le soir je sais que je vais rentrer et retrouver mes enfants et ma famille. C’ est toute la différence ». En janvier 2024, en se rendant aux courses, Alexandre Abrivard est victime d’ un terrible accident de la route, lui qui devait participer au Prix d’ Amérique quelques jours plus tard avec Just Love You. « Après l’ accident, j’ ai eu besoin de faire appel à Jean-Michel plus fréquemment, j’ avais peur d’ y retourner, car j’ ai beaucoup souffert physiquement, peur aussi de ne pas réussir à retrouver mon niveau. C’ est vrai que la question de la santé mentale reste encore peu abordée, pourtant, si on souhaite durer dans ce métier, il ne faut rien laisser au hasard. Je suis content d’ avoir fait cette démarche, car je n’ en serais peut-être pas là si je n’ avais pas eu recours à l’ accompagnement. »
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