PARTIE 1 / LA SANTÉ MENTALE À TRAVERS LA PLANÈTE
À LA UNE pendant le règne de la reine Victoria, s’ est suicidé à l’ âge de 29 ans. Durant le XIX e siècle, on passait l’ acte sous silence. Heureusement, c’ est loin d’ être le cas aujourd’ hui, mais il y a urgence après la disparition en 2020 de deux jockeys d’ obstacle récemment retraités, Liam Treadwell, vainqueur du Grand National 2009 avec Mon Môme, et James Banks. Loin de l’ attitude « circulez, il n’ y a rien à voir », la Professional Jockeys Association( PJA) a pris le sujet à bras-le-corps et propose un réseau de soutien à ses membres. Sur son site thepja. co. uk on peut lire que 160 jockeys ont sollicité de l’ aide proposée par la PJA. Cette aide prend plusieurs formes: l’ association collabore avec « Sporting Chance », une organisation de santé mentale spécialisée pour les sportifs, avec une ligne téléphonique disponible 24h / 24- 365 jours par an, des séances personnalisées avec un professionnel de la santé mentale, une cellule de soutien contre les problèmes d’ addiction, ou encore l’ accompagnement par un psychologue sportif. Afin d’ apporter une sérénité qui favorise une bonne santé mentale, la PJA accompagne ses jockeys dans des domaines tels que la gestion financière, l’ assurance, l’ acceptation et l’ accueil des minorités dans les courses, et l’ aprèscarrière de sportifs. Ce dernier dossier est géré par le Jockeys Education and Training Scheme ou JETS( Programme de formation et d’ éducation des jockeys), une organisation caritative dont la mission est d’ aider les jockeys à préparer une carrière après la retraite sportive. Cela passe par des conseils et coaching pour définir un projet professionnel, trouver des formations, bourses et parrainages. L’ une des récentes success-stories est celle de Josh Crane, ancien apprenti-jockey puis cavalier d’ entraînement chez Godolphin, converti en pilote d’ avion grâce au soutien de JETS. Ces structures de soutien sont adaptées à des sportifs de haut niveau, et les jockeys britanniques sont considérés comme tel. Mais ce statut apporte aussi son quota de difficultés. Très visibles grâce à une large médiatisation, les jockeys sont souvent victimes d’ abus sur les réseaux sociaux et ce sujet est également traité par la PJA qui accompagne les membres dans la gestion de leurs comptes et la dénonciation officielle des messages offensant.
Un soutien élargi
En plus des actions de la PJA, l’ association Injured Jockeys Fund joue aussi un rôle important auprès de tous les jockeys et anciens jockeys en matière de santé mentale, en proposant thérapies ou programmes de soutien, en visioconférences ou sur place aux centres régionaux de Lambourn, Malton ou Newmarket. Le sujet ne se limite pas aux jockeys, la preuve malheureusement avec une série de suicides ces dernières années de cavaliers d’ entraînement en Angleterre. L’ œuvre caritative Racing Welfare prend en charge cette partie de la population et multiplie les initiatives à travers le pays ou en ligne pour épauler le personnel des écuries, pendant la fameuse semaine de santé mentale, mais aussi les 51 autres semaines de l’ année.
CI-DESSUS
Épisode sur le santé mentale d’ une série sur le métier de jockey du JETS.
© JETS
CI-DESSUS
Présentation du centre de réhabilitation de Malton.
© Sporting Life
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