MIND(RE)SET N°13 Octobre 2025 | Page 48

la rue est souriante et semble heureuse de ce qu’ elle a. Quand j’ affronte une épreuve, comme une fin de contrat par exemple ou qu’ on me retire la monte d’ un cheval alors que j’ y mettais tout mon cœur, je me souviens qu’ il y a des gens bien plus malheureux que moi et j’ arrive à me protéger. J’ ai confiance en moi, précise le Cantilien. Je sais ce que je vaux mais je suis très critique envers moi-même, ce qui m’ aide à conserver la confiance. Je revisionne systématiquement toutes mes courses, et si je suis battu d’ un nez je me demande pourquoi. » Le confort mental de Stéphane passe aussi par une maîtrise de son emploi du temps: « Chez mon patron Robert Collet, j’ ai été construit en tant que jockey parisien. On m’ a appris qu’ il y a d’ autres professionnels qui travaillent en province et qu’ on ne doit pas leur prendre leur gagne-pain. Courir frénétiquement d’ un hippodrome à l’ autre pour engranger les victoires et battre des records, ce n’ est pas mon truc. Je préfère préserver des moments de partage avec ma famille – ma femme Olivia, nos deux enfants et mes proches, car cela fait partie de mon équilibre. » Cela n’ a pas empêché Stéphane d’ être Cravache d’ or en 2007. Stéphane Pasquier prêche pour que les jeunes jockeys d’ aujourd’ hui soient mieux épaulés par l’ institution que leurs aînés, même s’ il les juge trop impatients de monter en courses: « J’ aimerais avoir un rôle de grand frère envers eux mais ils ne m’ écoutent pas, c’ est une génération pressée de réussir tout vite! » D’ où un risque accru de se brûler les ailes …
L’ encadrement par l’ expérience
« Il me semble que les jeunes d’ aujourd’ hui sont un peu mieux suivis que nous ne l’ étions. Plus on mettra de choses en place pour eux concernant la préparation mentale, le suivi du poids, la gestion des finances, mieux ce sera. Au début de ma carrière, je gérais très mal mes revenus par exemple. J’ aurais pu mettre plus d’ argent de côté si j’ avais été mieux conseillé. Je voudrais que les courses aillent tellement bien, qu’ on embauche plein d’ anciens jockeys pour des rôles d’ encadrement. Des gens vers lesquels ceux qui se retrouvent désorientés à la fin de leur carrière après avoir passé leur vie sur le toit du monde pourraient se tourner. »

« LE MENTAL EST PLUS IMPORTANT QUE LE PHYSIQUE, CAR SI TON ESPRIT VA LOIN, TON CORPS LE SUIT. »

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C
’ est le nombre de courses que Cristian Demuro, leader au classement français des jockeys, avait montées mi-septembre, pour 185 victoires.
Pour Stéphane Pasquier, 9 e du classement, le décompte était de 536 courses pour 62 victoires.
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