Attention au foin
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l’ entourent succombent. Les chevaux, peu attirés naturellement par la porcelle, en viennent donc à la consommer. Elle provoque le harper australien, hyperflexion involontaire d’ un ou des deux membres postérieurs. Dans les cas extrêmes, le cheval se déplace en faisant de petits bonds à la manière d’ un lapin. Les chaleurs très fortes et précoces que vient de connaître la France, avec des records absolus de température pour un mois de mai, laissent penser que ce phénomène des plantes indésirables « colonisatrices » et opportunistes ne fera que s’ amplifier.
Le savoir comme meilleur remède
Certains végétaux agissent insidieusement, comme le robinier faux-acacia. S’ il est intégralement toxique, c’ est surtout son écorce qui pose problème. Or on se sert de son bois pour fabriquer des piquets de clôture … souvent sans les écorcer! « Lorsque la ressource en herbe est suffisante, aussi bien en qualité qu’ en quantité, les chevaux sont moins susceptibles de s’ attaquer à l’ écorce des piquets, mais ils peuvent en consommer quand le couvert prairial se dégrade, indique Nelly Genoux. Une assez faible dose s’ avère mortelle. On peut donc utiliser des piquets en essence de robinier faux-acacia mais à condition d’ enlever leur écorce. » Encore faut-il le savoir. Bien des déboires seraient évités aux chevaux si leurs « anges gardiens » humains connaissaient mieux leur environnement et savaient s’ y adapter. Avoir des chênes dans des haies n’ est par exemple pas un problème en soi, à condition de pouvoir retirer les chevaux de la pâture lorsque les glands tombent au sol, à l’ automne. Les tanins qu’ ils contiennent peuvent être mortels, entraînant divers désordres dont l’ anorexie, les coliques, mais aussi des insuffisances rénales ou hépatiques. Le bon entretien des pâtures est le principal levier d’ action contre les plantes toxiques: les broyer régulièrement afin d’ éliminer les zones de refus, ressemer les zones nues pour que les « mauvaises herbes », les adventices, ne s’ y installent pas. Il est également essentiel de ne pas surcharger ou surexploiter les prairies afin qu’ elles conservent leur richesse floristique et leur équilibre.
CI-DESSUS
Porcelle enracinée.
© CACP – Emilie Périé
CI-DESSOUS
Foin de Crau.
© Granierfreres
Un fourrage incluant des plantes toxiques est potentiellement plus dangereux que de l’ herbe fraîche en contenant aussi. La majeure partie des espèces conservent leur toxicité après déshydratation, à l’ exception des boutons d’ or et de la grande cigüe. Mais la dessication des végétaux fait disparaître certains facteurs de répulsion comme l’ amertume. Une fois les végétaux séchés, le cheval n’ est donc plus en mesure de les trier. Même pour des experts il
Attention au foin
est extrêmement compliqué d’ identifier les espèces présentes dans le foin, car leurs feuilles et fleurs sont abîmées et leurs tiges peu spécifiques. Un seul foin en France bénéficie d’ un label de qualité, c’ est le foin de Crau. Il est produit dans les Bouches-du-Rhône. La Crau est un ancien delta de la Durance. L’ aire de production, qui bénéficie du label « Appellation d’ origine protégée » est limitée au nord par les Alpilles, à l’ est par les collines de Salon-de-
Provence et l’ étang de Berre et à l’ ouest par le grand Rhône. Les producteurs adhèrent à un cahier des charges très strict, précisant la composition floristique du foin( fromental, dactyle pelotonné, trèfle violet et trèfle rampant doivent être présents en majorité). La présence de nombreuses autres espèces exclut en revanche de l’ AOP. Les contrôles qualité du foin, une pratique à généraliser?
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