Par Katherine Ford
Tandis qu’en Europe la saison classique bat son plein, des champions bien connus ont encore appuyé leur statut à Hong Kong ou au Japon.
Ka Ying Rising inarrêtable
La réunion du FWD Champions Day, à Sha Tin en avril, rivalise sérieusement avec celle des Hong Kong International Races en décembre, avec 3 épreuves de Groupe 1 au programme, dotées de plus de 8,5 millions d’euros. Les extraterrestres Romantic Warrior et Ka Ying Rising ont une nouvelle fois fait le show devant 40 000 spectateurs, dont 12 000 venus du continent chinois, et Winfried Engelbrecht-Bresges, PDG du Hong Kong Jockey Club, a déclaré : « Celle-ci a été l’une des meilleures, sinon la meilleure réunion de courses jamais organisée à Hong Kong. » En effet, l’édition 2026 du Champions Day a attiré une importante délégation internationale, notamment en raison de la situation dans le Golfe, et les locaux ont dominé devant leurs fans. Le sprinter Ka Ying Rising était tout simplement imbattable dans le Chairman’s Sprint Prize (Gr.1). Sous la selle d’un Zac Purton presque immobile, il s’est offert un 20e sacre d’affilée, établissant, dans un canter, un nouveau record sur les 1 200 mètres de Sha Tin. Pour ceux qui s’interrogent sur la qualité de l’opposition, Ka Ying Rising a battu Satono Reve, double lauréat de Groupe 1 au Japon et deuxième de Lazzat, de quatre longueurs et demie, à Royal Ascot en juin dernier. L’entourage du champion résiste aux appels à participer au prochain meeting Royal d’Ascot, préférant viser une nouvelle fois l’Everest (Gr.1) en Australie, mais son entraîneur, David Hayes, a laissé planer le doute sur un possible déplacement en Angleterre en 2027 ou 2028…
Romantic Warrior puissance 4
Déjà vainqueur de la FWD QEII Cup (Gr.1) à trois reprises, en 2022, 2023 et 2024, l’autre star locale, Romantic Warrior, affrontait un lot particulièrement relevé pour l’édition 2026. Le cheval le plus riche du monde, du haut de ses 8 ans, a montré qu’il était encore au top en battant deux champions, Masquerade Ball (deuxième de la Japan Cup) et Sosie, pour empocher un 14e Groupe 1. Son jockey, James McDonald, s’est exprimé : « C’est un honneur de monter un cheval comme lui, il rend la vie facile pour un jockey », et son entraîneur, Danny Shum, d’ajouter : « Je ne lui dis pas qu’il a 8 ans, je lui dis qu’il en a 5 (rires). 2 000 mètres, c’est sa meilleure distance, et j’étais assez confiant malgré la qualité de l’opposition. C’est un super super champion. »
Trois semaines plus tard, Romantic Warrior a scellé un peu plus sa légende. Rallongé seulement pour la deuxième fois de sa carrière sur 2 400 mètres, il a remporté la Standard Chartered Champions & Chater Cup (Gr.1), devenant ainsi le troisième cheval de l’histoire à gagner la Triple Couronne locale, à savoir : la Hong Kong Stewards’ Cup (1 600 mètres), la Hong Kong Gold Cup (2 000 mètres) et la Champions & Chater Cup (2 400 mètres). Un exploit remarquable à son âge, portant son compte en banque à 288,7 millions de dollars hongkongais, soit environ 32 millions d’euros ! Le champion hongkongais aura maintenant un break amplement mérité et pourrait être de retour en automne pour préparer un cinquième sacre inédit dans la Hong Kong Cup (Gr.1).
Croix du Nord vers un triplé bonifié
Les Japonais aiment leurs champions, et Croix du Nord en est un vrai. Nous n’avons pas vu le véritable talent du cheval en France, où il s’est classé parmi les derniers du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe (Gr.1), mais au pays du Soleil levant, Croix du Nord affiche un quasi sans-faute et compte des milliers de fans. Invaincu à 2 ans, dont le Groupe 1 Hopeful Stakes, il a gagné le Derby japonais en juin dernier, une course ultra-prestigieuse dans un pays où la distance de 2 400 mètres est reine. Après son déplacement en France, où il a quand même battu un certain Daryz dans le Prix du Prince d’Orange (Gr.3) avant d’échouer dans « l’Arc », il a pris une très honorable quatrième place dans la Japan Cup (Gr.1). À 4 ans, il retrouve les sommets en s’imposant dans le Ōsaka Hai (Gr.1), sur 2 400 mètres en avril, puis l’emblématique Tennō Shō (« Coupe de l’Empereur ») au printemps à Kyoto. Disputé sur 3 200 mètres, le Groupe 1 le plus long du Japon compte au palmarès des champions comme
Deep Impact (2006) et Meisho Samson qui, en 2007, est devenu le dernier héros du Derby à remporter le Tennō Shō la saison suivante. Croix du Nord a mis fin à dix-neuf ans d’attente pour un nouveau doublé dans ces deux épreuves, allant au bout de sa tenue pour garder un avantage minime après photo devant l’outsider Wurttemberg. Le lauréat favori et son dauphin à 206/1 sont tous les deux fils de l’élégant et puissant Kitasan Black, lui-même double vainqueur du Tennō Shō en 2016 et 2017. Croix du Nord devrait rester au Japon en 2026 et sa prochaine course sera le Takarazuka Kinen (Gr.1), le 14 juin à Hanshin, une épreuve dont les participants sont désignés par vote du public. Croix du Nord compte déjà plus de 260 000 suffrages. Il remporterait un bonus de 1,6 million d’euros (300 millions de yens) s’il réussit le triplé Ōsaka Hai, Tennō Shō et Takarazuka Kinen, et écrirait une nouvelle page dans sa légende.
Un Français aux 100 Groupe 1
Christophe Lemaire compte désormais 100 pages dans son livre d’or. Le jockey tricolore, vedette au Japon, a signé le 10 mai une centième victoire au plus haut niveau. Il s’est imposé dans le Victoria Mile à Tokyo, en selle sur la crack Embroidery, qui porte, elle aussi, la casaque de grands champions nippons qui ont marqué la carrière de l’expatrié : Almond Eye et Equinox.
Omedetou gozaimasu !
(Félicitations)