TROISIÈME PARTIE
Dominique Bressou
« L’ excellente ambiance régnait à l’ écurie »
Par Emmanuel Rivron
Parmi les meilleurs entraîneurs d’ obstacles français, Dominique Bressou a passé de nombreuses années comme jockey au sein de l’ écurie de Jehan Bertran de Balanda, et formait notamment un couple d’ exception avec Le Sauvignon, septuple vainqueur de Groupes.
Galorama. Combien de temps êtes-vous resté au sein de l’ écurie de Jehan Bertran de Balanda?
Dominique Bressou. J’ y suis resté une quinzaine d’ années. Quand je suis rentré à l’ écurie, je n’ avais pas pour objectif premier de monter pour cette belle maison, même si l’ espoir est toujours présent en pareil cas. Il y avait probablement 60 à 70 chevaux à l’ époque, avec d’ excellents jockeys comme Denis Leblond, Yannick Fouin, qui montait beaucoup également, et d’ autres bons pilotes. J’ étais le cinquième ou sixième couteau. Mon objectif quand j’ ai intégré l’ écurie était notamment d’ être un peu libre le week-end pour honorer mes montes à la « campagne », dans l’ Ouest.
G. Quelles ont été vos premières impressions en arrivant dans cette écurie de premier plan?
D. B. J’ ai aussitôt adoré la façon de travailler de Jehan, que j’ appelais « patron » à l’ époque. Les
chevaux étaient tout de suite mis dans le rythme. On faisait de vrais canters sur la main. C’ était vraiment plaisant, avec notamment beaucoup de jeunes chevaux que l’ on dressait sur les obstacles. On voyait une vraie évolution avec ces poulains. L’ excellente ambiance qui régnait à l’ écurie n’ était sûrement pas étrangère à cette réussite. Jehan avait notamment un premier garçon très proche de ses employés. Nous étions beaucoup de jeunes, de 25 à 35 ans, avec une vraie émulation entre les cavaliers, très friands de partager leurs points de vue et les perspectives de carrière des chevaux. C’ était vraiment top et constructif.
G. Comment avez-vous gagné sa confiance? D. B. Le matin, ça se passait bien. Je pense qu’ il adorait ma façon de monter et de lui expliquer mon ressenti après les boulots. Quand je suis arrivé à l’ effectif, il y avait un poulain de 2 ans très « chaud ». Dès qu’ il en avait un devant lui, il essayait de lui grimper dessus. J’ ai alors proposé au premier garçon de le monter. J’ étais le seul à l’ avoir le matin, et ce poulain a réussi à gagner sa course à Paris. C’ était gratifiant.
G. Quel cheval vous a le plus marqué? D. B. Jehan m’ a donné un sacré coup de pouce en me faisant confiance dans un Prix du Président de la République. Il avait préparé un cheval
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