The Balanda Show N°16 Fevrier 2026 | Page 69

TROISIÈME PARTIE
À LA UNE
VU PAR SES ÉLÈVES
Yannick Fouin

« Un patron dur mais juste »

Par Céline Gualde
L’ entraîneur Yannick Fouin a été, durant la première partie de sa carrière, jockey salarié chez Jehan Bertran de Balanda. Il y est arrivé à 18 ans, auréolé de ses titres d’ Étrier d’ or( meilleur apprenti français en plat) et de meilleur apprenti d’ Europe. Témoignage.
« J’ ai commencé à travailler pour M. Balanda en 1988 ou 1989. J’ arrivais de chez André Fabre où j’ avais fait mon apprentissage et j’ avais déjà perdu ma décharge. Je me souviens d’ un patron dur mais juste et qui m’ a donné ma chance. Il formait les chevaux mais aussi les hommes! Il avait ses salariés autour de lui un peu comme une famille, il aimait qu’ on soit dévoués. Nous avons eu de bons moments de sport, comme les victoires dans la Grande Course de Haies de Deauville à Clairefontaine en août 1991 avec Professional, pour la casaque de Magalen Bryant. Moins d’ un mois plus tard, nous gagnions le Grand Steeple de Merano! Mes meilleurs souvenirs de cette époque, je les ai avec l’ étalon Denham Red, un super cheval qui portait la casaque de M. Teboul et était toujours deuxième de Villez dans les grands rendez-vous. Il est tombé sur cet os toute sa carrière! Chez Jehan de Balanda, il y avait une sacrée équipe de jockeys: Denis Leblond qui était un crack, Dominique Bressou, Thierry Gillet, Patrice Lemaire … On en faisait voir un peu au patron, on était jeunes! Une fois à Deauville où on avait un peu festoyé avec Thierry Gillet dont je partageais le bungalow, je suis arrivé le matin à l’ entraînement en oubliant mes bottes. J’ ai galopé ma jument Gravières avec des baskets mauves aux pieds et je me suis fait sacrément remonter les bretelles! À 26 ans, alors que j’ atteignais ma pleine maturité en tant que pilote, je me suis gravement accidenté à Auteuil, avec plusieurs fractures des vertèbres. Les médecins n’ ont pas voulu me rendre ma licence, le métier de jockey que j’ adorais était fini pour moi. Le ciel m’ est tombé sur la tête. M. Balanda a été très présent durant mon hospitalisation, il m’ a dit qu’ il fallait me relever, que je deviendrais son assistant. Il m’ a soutenu. Je l’ ai donc épaulé durant un an et demi avant de m’ installer à mon compte en tant qu’ entraîneur. »
Yannick Fouin et Jehan Bertran de Balanda.
© APRH
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