DEUXIÈME PARTIE À LA UNE
Pierre Champion
« Et puis vint un jour où les entraîneurs d’ obstacle sont montés à Paris » Par Serge Okey
Assez proche du trot, en cela qu’ elle demande beaucoup de mises au point, la discipline de l’ obstacle a connu un développement assez spectaculaire à l’ orée des années 1980. Dans la foulée de la Coupe d’ or de l’ obstacle, la province a fait fi de ses complexes et s’ est mise à gagner la capitale. Un tournant dans lequel Jehan Bertran de Balanda a sauté à pieds joints, que nous conte la mémoire des courses Pierre Champion.
Si l’ origine de l’ obstacle en France remonte au dernier quart du XIX e siècle, cette discipline a connu un avant et un après Mitterrand. En premier lieu, un virage paritaire: le fameux 50-50 encore d’ actualité aujourd’ hui, qui institua le partage du gâteau à parts égales entre le galop et le trot. « Auparavant, on était plus sur une répartition de l’ ordre de deux tiers pour le galop et un tiers pour le trot, qui n’ avait pas encore de dimension vraiment internationale, la plupart des courses étant fermées, exception faite du Prix d’ Amérique et de quelques autres épreuves », rappelle Pierre Champion, journaliste hippique depuis une quarantaine d’ années, qui rend grâce au passage à
REPORTAGE INA DE BELLINO II
Jean Launay. Après sa nomination en 1983, le premier directeur des Haras nationaux non issu du sérail a fait grandement évoluer les choses.
Adèle et Pelat, les pionniers
C’ est dans ce contexte que les courses d’ obstacles ont pris un tournant. Depuis les années 1960, le tiercé incarne la grande messe du dimanche. Le quarté est venu corser l’ addition en 1976. Les courses vibrent au son des commentaires de Léon Zitrone, André Théron, Maurice Bernardet et Pierrette Brès. Le triple vainqueur du Prix d’ Amérique, Bellino II, s’ invite en direct du 13 heures de TF1 sur le plateau d’ Yves Mourousi. Les hippodromes et les PMU font le plein. Un âge d’ or au sein duquel vient s’ inviter l’ obstacle. « À l’ époque, on recyclait les chevaux de plat en obstacle. Beaucoup d’ entraîneurs cumulaient plat et obstacle. Avec Georges Pelat, André Adèle était l’ un des rares à s’ être spécialisé dans les
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