The Balanda Show N°16 Fevrier 2026 | Page 54

PREMIÈRE PARTIE
Nicolas Bertran de Balanda

« Mon père s’ est toujours investi corps et âme » Par Serge Okey

Témoin privilégié de la carrière de Jehan Bertran de Balanda, son fi ls Nicolas est très admiratif du long palmarès inscrit par son patriarche dans les annales de l’ obstacle et du plat. Anatomie d’ une empreinte de près d’ un demi-siècle par le prisme de l’ héritage.
S’ il fallait un mot. Un seul, pour décrire son paternel? « Passionné », répond sans hésiter Nicolas Bertran de Balanda, fils cadet du héros de ce numéro. « C’ est quelqu’ un qui s’ est toujours investi à 200 %, corps et âme. Son tempérament, cette passion sont le moteur de sa réussite, dont je suis très fier. Pour avoir été moi-même entraîneur, je suis bien placé pour mesurer qu’ une course n’ est jamais gagnée d’ avance. Il s’ est illustré en obstacles, mais aussi en plat avec de très bons chevaux. Sa longévité est d’ autant plus admirable ». Bon sang ne sachant mentir, Jehan Bertran de Balanda a naturellement mis « très tôt » le pied à l’ étrier à Nicolas. « C’ est lui qui m’ a fait monter sur mes premiers poneys et chevaux, qui m’ a transmis le virus, encouragé et beaucoup appris. Il m’ a aiguillé au début. Après, j’ ai fait mon chemin ». Gentleman-rider, entraîneur, courtier, propriétaire, éleveur. Un champion d’ Auteuil nommé Gémix, une parenthèse irlandaise chez Tattersalls, une solide réputation sous la « casaque » commerciale NBB Racing … Nicolas Bertran de Balanda incarne un héritage multicasquettes.
« La rage de vaincre et l’ instinct »
Dans cette famille d’ officiers militaires, de stars du CSO et des hippodromes, l’ honneur est un devoir qu’ on s’ habitue depuis longtemps à recevoir. Sans doute le salaire de valeurs comme l’ exigence, vertu cardinale coulant dans la sève du grand arbre généalogique Bertran de Balanda. Dans les propos des jockeys et entraîneurs que son patriarche a formés, deux qualificatifs reviennent régulièrement en boucle: « Un patron dur, mais juste ». Nicolas Bertran de Balanda ne sait que confirmer: « Mon père a l’ exigence du travail bien fait. Ce n’ était certainement pas le patron le plus facile. C’ est quelqu’ un de rigoureux, mû par la rage de vaincre. » Un autre mot le décrit bien selon son fils: « L’ instinct ». « Il avait ses méthodes, mais a beaucoup fonctionné au feeling ». Quand Marcel Roland évoque une sensibilité pas toujours facile à soupçonner, Nicolas valide encore: « C’ est vrai, mais la carapace est épaisse », sourit-il. Au moment de l’ hommage visant à saluer ses 47 ans de carrière, à Auteuil, le vernis a précisément perdu de sa robustesse.
# 16 54