PREMIÈRE PARTIE À LA UNE
Jehan Bertran de Balanda « J’ ai eu la chance de toujours vivre de ma passion » Par Céline Gualde
Ça y est, Jehan Bertran de Balanda est à la retraite! Après un demi-siècle de carrière et 1 860 victoires au galop, le désormais ex-entraîneur a pris la direction de la Normandie, non sans ressentir une certaine peur du vide. Mais après deux mois de sa nouvelle vie, tout va plutôt très bien pour cet épicurien.
C’ est une petite maison pimpante, nichée au cœur du Calvados, non loin de Deauville. Des colombages très couleur locale, quelques pommiers, une pelouse vert pomme … On jurerait une carte postale de la campagne normande. Dans un paddock, deux ânesses et une jument bavardent autour d’ une botte de foin: on reconnaît Romane Tame, la « ponette » de Jehan Bertran de Balanda, celle qui l’ accompagna des années durant sur les terrains de concours hippique comme à la piste à Maisons-Laffitte. Elle aussi a pris sa retraite, accompagnant son cavalier et l’ épouse de celui-ci, Véronique, dans leur nouvelle aventure. À l’ intérieur de la maison, un feu crépite dans la cheminée. Sa chaleur douce rend le sirotage d’ un petit café encore plus agréable. Deux chiens se prélassent sur le canapé pendant que Jehan de Balanda, l’ œil pétillant, se raconte.
Galorama. Comment vivez-vous cette retraite? Jehan Bertran de Balanda. Beaucoup mieux que je ne le pensais! Je craignais de ressentir un manque, mais j’ ai trouvé mon rythme. Je prends des cours de golf, de pilates, nous allons beaucoup au cinéma … Je suis également membre du comité de l’ hippodrome de Clairefontaine. Nous aimons vivre en Normandie, Véronique et moi, dans cette maison acquise il y a une quinzaine d’ années auprès d’ une vieille dame qui y était née! C’ était un coup veinard. Le haras de mon fils Nicky est tout proche, mon autre fils Olivier est lui aussi dans le coin, il a un restaurant, la cantine des Fanfarons, à Manneville-la-Pipard. Je peux profiter d’ eux. Je suis retourné dans mon ancienne écurie à Maisons-Laffitte, le 22 janvier, pour la première fois. Je voulais voir sauter mes chevaux chez Nathan Vergne, qui est installé dans mon ancienne cour. J’ avais une boule au ventre en partant de chez moi, mais j’ ai finalement passé une excellente matinée grâce à Nathan et j’ étais heureux de revenir ici ensuite. Depuis que je suis retraité, je n’ ai plus mal au dos! Mes douleurs étaient liées au stress.
G. Pourquoi avoir cessé d’ exercer fin 2025, à 71 ans, et pas plus tôt ou plus tard?
J. B. d. B. Il n’ est pas facile de dire « j’ arrête » quand on exerce un métier-passion. J’ ai débuté dans le monde des courses à 15 ans! J’ adorais entraîner et, en 47 ans de carrière, pas une fois je n’ ai eu besoin d’ un réveil pour me lever à 5 heures du matin. C’ est la conjoncture actuelle qui m’ a poussé à tourner la page. Je me concentrais sur le travail du matin et n’ allais plus trop chercher les clients, j’ étais un peu dépassé. Et puis les
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