The Balanda Show N°16 Fevrier 2026 | Page 117

RENCONTRE
Galorama. Avez-vous été surpris quand Camille vous a dit qu’ elle souhaitait devenir entraîneur?
Philippe Peltier. Non, pas du tout. Camille était mordue de chez mordue, dès son plus jeune âge. Elle était « toujours dans mes pattes » sur les hippodromes. Je ne l’ ai pas dissuadée, mais je l’ avais prévenue que c’ était un métier dur. Camille a tout de même suivi une filière générale au niveau scolaire, car on n’ est jamais à l’ abri dans ce métier. Elle avait suivi un BTS de comptabilité et gestion en alternance chez Guy Chérel avant de connaître des expériences en Angleterre, en Irlande, en Australie, sans oublier en France chez André Fabre. Elle a fait ses classes un peu partout, ce qui lui a beaucoup servi, comme son expérience dans les épreuves pour cavalières, elle qui a dû gagner une trentaine de courses.
G. Comment s’ étaient passés les premiers mois de collaboration entre père et fille?
P. P. Cela n’ a pas été forcément évident au départ, car j’ avais mes idées de « vieux con ». Il ne faut pas oublier que j’ avais travaillé une trentaine d’ années tout seul. Il y a eu quelques « engueulades », il faut bien le reconnaître et heureusement que ma femme était là pour faire le tampon. En plus de cela, nos premiers mois d’ association ont coïncidé avec une période de rhino à l’ écurie, suivie par le COVID. Mais comme nous avions des poulains estimés, nous ne nous sommes pas trop affolés.
G. Qu’ a apporté Camille à l’ écurie?
P. P. Camille a apporté de la fraîcheur dans un métier où il ne faut surtout pas s’ endormir sur ses lauriers. La jeunesse, ça booste! Le fait qu’ elle parle anglais est un vrai plus pour l’ écurie avec une clientèle internationale désormais. Je lui ai donné des responsabilités et c’ est parti maintenant. Il faut se faire confiance mutuellement. Cette association est un plus pour moi et ça m’ a beaucoup soulagé, d’ autant qu’ il y a des courses partout à présent. C’ est un vrai bonheur d’ être associés.
G. Si la casaque Peltier se distingue régulièrement sur les obstacles, elle a également brillé au trot grâce à Matisse du Pont récemment. Quelle est la genèse de cette histoire?
P. P. Comme j’ avais vendu la moitié d’ un pur-sang, Modus Operendi, à Jean Michel Bazire, il m’ a trouvé un trotteur, Matisse du Pont. Ce poulain a gagné à Vincennes cet hiver sous nos couleurs. Ça fait vraiment plaisir. D’ ailleurs, l’ établissement de la Chapelle-d’ Aligné( 72), où nous sommes installés, était un centre d’ entraînement pour les trotteurs avant moi. Et mon grand-père, Pierre, avait commencé avec des trotteurs dans des courses de pays, avant de tomber sur un très bon pur-sang, du nom d’ U Master. S’ il avait trouvé un bon trotteur, peut-être que j’ entraînerai au trot!
G. En tant que fille d’ entraîneur, la découverte des chevaux a dû être très précoce, n’ est-ce pas?
Camille Peltier. Effectivement, j’ avais eu mon premier poney dès mes 3 ans. J’ étais toujours avec mon père étant petite et j’ ai commencé par le concours complet jusqu’ à mes 16 ans, avant de monter en course pour cavalières. J’ ai rapidement vibré dans les tribunes grâce à des chevaux comme Décétia ou encore As d’ Atout. Je me rappelle également bien l’ Anjou Loire Challenge d’ Imposant: j’ étais gamine et je pleurais déjà de stress à mi-course.
G. Pourquoi avoir décidé de vous associer avec votre père?
C. P. J’ ai toujours voulu devenir entraîneur, mais, au départ, je voulais m’ installer toute seule. J’ étais même allée voir quelques installations. Un jour, papa m’ a dit que ce serait quand même dommage de ne pas nous s’ associer. J’ ai hésité, mais j’ ai franchi le pas.
G. Quelle est la qualité principale de Camille, ainsi que ses défauts?
P. P. Camille est travailleuse, assurément. Et il le faut pour faire tourner une entreprise, surtout dans ce métier. Quant à ses défauts, on en a tous et c’ est avec l’ expérience qu’ on corrige ses erreurs.
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