MIND(RE)SET N°13 Octobre 2025 | Page 20

Croix du Nord, à la corde, dans le Prix du Prince d’ Orange( Gr. 3). © APRH
Ce qui distingue l’ élevage japonais, ce ne sont pas seulement les critères de sélection et le programme de courses, mais aussi le rôle central joué par le groupe Shadai. En effet, parmi les trois prétendants à l’ Arc, Alohi Alii fait exception puisqu’ il n’ est pas la propriété du groupe, ni élevé par ses soins, bien que son père fasse la monte à Shadai et sa mère Espoir ait été élevée par Northern Farm de Katsumi Yoshida. Actuellement, le groupe Shadai compte 9 des 10 meilleurs étalons japonais, la seule exception étant Gold Ship de Big Red Farm. Entre ses trois haras, le groupe Shadai possède environ 15 % des juments du pays et domine les plus grandes courses. Au moment où ces lignes sont écrites, il y a eu 84 vainqueurs de Groupe au Japon cette année, dont 10 de Groupe 1; 39( 46 %) et 7( 70 %) d’ entre eux ont été élevés par Shadai ou Northern Farm. Les clubs et syndicats du groupe- Shadai, Sunday et G1 Thoroughbred Clubs, ainsi que Shadai Group Owners- comptent parmi les plus influents du pays. Le groupe organise aussi la vente d’ été JRHA, la plus importante du Japon, où environ 450 yearlings et foals sont vendus, cette année à un prix moyen avoisinant 450 000 €. Traditionnellement au Japon, les meilleurs prospects pour les courses étaient vendus foals à l’ amiable peu après la naissance. Shadai
a joué un rôle clé dans le développement des ventes aux enchères: parmi les 84 vainqueurs de Groupe en 2025, 14( 17 %) ont été achetés lors de la Summer Sale et 7( 8 %) dans d’ autres ventes, dont la plus importante est la Hokkaido Summer Sale. En revanche, seulement 30 % des foals sont présentés aux ventes aux enchères, contre environ 65 % en Grande-Bretagne et en Irlande, et 50 % en France. Ainsi, même si l’ élevage japonais, et particulièrement Shadai, sont désormais reconnus comme des leaders mondiaux, il reste difficile pour les acteurs étrangers d’ acquérir les meilleures lignées. Coolmore, les Wertheimer & Frère et quelques autres éleveurs européens envoient chaque année des juments à la saillie au Japon, bien que ce soit une entreprise coûteuse avec des taxes à payer pour réexporter les chevaux vers l’ Europe. Les résultats ont été spectaculaires avec des vainqueurs Classiques et étalons comme Study of Man, Saxon Warrior et Auguste Rodin issus du petit nombre de foals rapatriés. Lorsqu’ il arrivera enfin, le vainqueur japonais de l’ Arc ne fera que confirmer la transformation de l’ élevage japonais en un leader mondial, une réalité évidente depuis des années. Croix du Nord, Alohi Alii et Byzantine Dream n’ en sont que les derniers exemples éclatants.
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