ILS ONT FAIT L’ ACTU des chevaux, voilà ce qui compte », confie-t-il volontiers. Et à travers ses mots, on sent que cette passion n’ a jamais faibli. Il se tient dorénavant aux côtés d’ Helal Alalawi tel un véritable bras droit, observant chaque détail, filmant les canters et les galops, devenant les yeux de son patron lorsqu’ il déplace ses pensionnaires en France. Sa vision des pur-sang arabes témoigne d’ une profonde admiration. « Ce sont des chevaux d’ une intelligence rare », explique-t-il. « Ils reconnaissent les gens parfois mieux que nousmêmes. Mais ils exigent une complicité sincère avec leur cavalier. Sans ce lien, ils deviennent insaisissables. » Pour cet homme qui a connu aussi bien le plat que l’ obstacle, le pur-sang arabe reste le plus complexe à entraîner. Et pourtant, lorsqu’ un binôme cavalier-cheval s’ accorde enfin, la relation prend une dimension presque magique. « Chacun a, je crois, sa méthode de travail, et pour moi c’ est simplement l’ opportunité d’ apprendre davantage aujourd’ hui. On n’ arrête jamais d’ apprendre dans la vie, que ce soit avec les chevaux ou pour autre chose … M. Alalawi est très ouvert, prêt à échanger des idées: il a son œil, j’ ai le mien, cela nous permet de nous confronter et de nous accorder au mieux » précise Jean- Claude. À Chantilly, il observe au quotidien les
RESTER AU CONTACT DES CHEVAUX, VOILÀ
CE QUI COMPTE
Jean-Claude Pecout
progrès d’ HM Alchahine, qu’ il décrit sans détour comme « un cheval exceptionnel ». Le 5 octobre, il retrouvera un rival redoutable, Al Ghadeer, présenté par beaucoup comme appartenant à « une autre planète ». L’ affrontement s’ annonce grandiose. Helal Alalawi, lui, n’ en est sûrement pas à son premier exploit. Crédité de plusieurs Groupes, il compte également une deuxième place dans la World Cup avec RB Kingmaker, et surtout « chez lui », la prestigieuse Saudi Cup des pur-sang arabes, pinacle pour tout propriétaire du Golfe. Pour Jean-Claude, l’ objectif est clair: après une telle victoire, l’ apogée ne peut être atteint qu’ en soulevant un jour la Coupe … du monde français.
Français dans le nom, berbère dans le cœur, arabe dans l’ esprit.
La France, dit-il sans détour, est trop étroite pour son ambition. Si l’ occasion se présentait, il suivrait M. Alalawi aux Émirats sans hésiter. Mais au-delà de ses projets personnels, il insiste sur une exigence éthique: « Respecter et remercier les chevaux, c’ est essentiel », affirmet-il. « Négliger ses soins et ses temps de repos après des campagnes serait une erreur majeure, une faute qui nuirait autant aux animaux qu’ au plaisir de leurs propriétaires. » Sur ce chemin, les figures qui l’ accompagnent sont nombreuses. Parmi elles, Élisabeth Bernard, qu’ il décrit avec une sincère admiration. Attentive, constante, déterminée, elle incarne selon lui l’ exemple même du professionnalisme et de l’ humilité: qualités qui « finissent toujours par être reconnues ». Ainsi se dessine le portrait d’ un homme passionné, modeste et profondément attaché aux chevaux. Et lorsqu’ on lui demande comment il envisage la suite, sa réponse s’ habille de sagesse: « Chaque jour est un nouveau jour … Ce que sera demain, on le verra demain ».
PAGE DE GAUCHE
Jean-Claude Pecout( de face).
© APRH
CI-CONTRE
HM Achahine et Cristian Demuro, vainqueurs du Qatar Cup- Prix Dragon.
© APRH
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