CASAQUES DE RÊVE
il fait de nouveau des siennes et cherche à partir en sens inverse, faisant une volte et perdant un terrain considérable, jusqu’ à une vingtaine de longueurs( N. D. L. R.: les boîtes de départ n’ étaient pas en vigueur à l’ époque). Remis dans le droit chemin, par son jockey, le légendaire Rae Johnstone, il recolle progressivement au peloton, comblant tranquillement son handicap, et, poursuivant sa progression, il vient prendre l’ avantage dans la ligne droite, pour s’ imposer sans coup férir. Une remontée inoubliable!
Le rétablissement d’ Acamas: comme un temps suspendu C’ est sur un autre incident, surmonté par le champion du moment, en l’ occurrence Acamas, en 1978, que se clôt la saga Boussac dans le Prix du Jockey Club. Le crack jockey Yves Saint- Martin – recordman de victoires dans la course avec 9 succès – est l’ artisan de ce spectaculaire rétablissement. Son cheval vient de gagner le Prix Lupin, ex-Groupe 1 tremplin vers le « Jockey Club », et s’ élance dans la position de favori à Chantilly. Les choses se passent bien jusqu’ à l’ entrée de la ligne droite, où Yves Saint-Martin et Acamas sont mis hors course, à la suite d’ une bousculade, qui les projette en pleine piste, loin de la corde, et leur fait bien concéder 50 mètres sur les chevaux de tête; a priori, ils ont perdu toute chance … Mais le jockey garde son sang-froid, laissant à son poulain le temps de se rétablir et de se relancer, puis il le cadence et, sentant l’ exploit possible, l’ empoigne avec force. Encore dernier décollé à 300 mètres du poteau, Acamas, bien en ligne, se rapproche maintenant vivement, refaisant régulièrement le terrain perdu et, en un sprint incisif, va fondre sur Frère Basile, qui semblait pourtant parti pour la gloire, et lui prendre un nez sur le fil, sans que son partenaire se soit même servi de sa cravache … Temps suspendu que cet impérissable final!
De Boussac à l’ Aga Khan, une affaire au long cours La casaque verte, épaulettes rouges, toque verte, du prince Karim Aga Khan est la deuxième la plus titrée de l’ époque contemporaine dans le Prix du Jockey Club, avec 8 succès, de 1960 à 2022. Cela va de la victoire de Charlottesville à celle de Vadeni, en passant par celles de Top Ville, en 1979, de Darshaan, en 1984, de Mouktar, en 1985, de Natroun, en 1987, de Dalakhani, en 2003, et de Darsi, en 2006. Si les 12 réussites de Marcel Boussac s’ étendent sur cinquante-huit années, les 8 distinctions de S. A. l’ Aga Khan, toutes obtenues avec des élèves maison, se déroulent sur soixante-deux ans. Une affaire au long cours, d’ un côté comme de l’ autre.
Les « Rothschild », à ne plus y croire! Comme toutes les grandes courses, le Prix du Jockey Club a ses livrées heureuses, ses livrées fétiches. Et puis il y a celles qui y sont moins performantes, voire qui y jouent de malchance. Les couleurs Rothschild, casaque bleue, toque jaune – les casaques les plus anciennes ont ceci de commun qu’ elles se déclinent simplement –, font partie de la seconde catégorie. Pourtant habituées des champions, depuis des temps immémoriaux, elles n’ ont pas trouvé en le Prix du Jockey Club habit dans lequel se fondre durablement. Ainsi, en 1977, lorsque Crystal Palace et Concertino se présentent dans le championnat cantilien, avec une réelle chance de bien faire, cela fait quatre-vingt sept ans qu’ un représentant du haras de Meautry n’ a pas gagné le Derby français: c’ était avec Heaume, en 1890 … Dans l’ intervalle, rien n’ y a fait, le sort paraissant même s’ acharner contre la casaque, comme en 1934, lorsque Brantôme, le crack de l’ écurie, tousse, la veille de l’ épreuve, et doit déclarer forfait, alors qu’ il partait « couru ». Mais, cette fois, le dimanche 5 juin 1977, le « signe indien » est vaincu et Crystal Palace, préparé par François Mathet et monté par Gérard Dubroeucq, a raison, dans une arrivée serrée, du visiteur Artaius et de son compagnon de couleurs, Concertino. Pour un peu, les « Rothschild » faisaient « 1 » et « 2 » dans le « Jockey Club ». À ne plus y croire!
Peintre Célèbre fait le bonheur du marchand d’ art! La casaque bleue, toque bleu ciel, de Daniel Wildenstein et des siens n’ a pas, non plus, spécialement brillé dans le Prix du Jockey Club, alors qu’ en regard, par exemple, 5 Prix de Diane sont à son actif. Aussi, la joie de Daniel Wildenstein futelle à son comble, lorsqu’ en 1997, Peintre Célèbre, le bien nommé, évidemment, pour le marchand d’ art, atteignit le « graal » et lui offrit « SON » Prix du Jockey Club, sous la selle d’ Olivier Peslier et l’ entraînement d’ André Fabre. Trois semaines plus tard, Peintre Célèbre apportera encore à son éleveurpropriétaire son unique Grand Prix de Paris( Gr. 1). À ce jour, Peintre Célèbre demeure, d’ ailleurs, le dernier à avoir réussi le doublé Prix du Jockey Club – Grand Prix de Paris.
Bella Paola et la casaque Dupré, aux portes de l’ exploit Casaque grise, toque rose: François Dupré n’ a rien à envier aux précédents quant au classicisme et à la sobriété de ses couleurs. Celles-ci
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