La chronique d’
par Émilie Yvar t
Equicer
REGARDS ÉCONOMIQUES SUR LE GALOP
Dans un contexte d’ évolution rapide, disposer d’ indicateurs économiques fiables est devenu essentiel. L’ Observatoire économique national EQUICER a été conçu pour répondre à cet enjeu: offrir une lecture objective à partir de données comptables et économiques réelles. Les données 2024 confirment la complexité et l’ exigence du modèle économique des élevages de chevaux de galop. Le produit moyen s’ établit autour de 407 000 €, soit 105 000 € par ETP( équivalent temps plein). Les pensions constituent la première source de revenus, représentant environ 35 % du produit total, devant les ventes de chevaux( 22 %) et les gains de courses( 10 %). Cette diversification des produits contribue à sécuriser partiellement les revenus des exploitations. Elle s’ accompagne toutefois de niveaux de charges élevés. Les charges opérationnelles absorbent près de 40 % du produit, avec un poids significatif des achats d’ aliments et des frais vétérinaires. Les charges externes représentent quant à elles environ 23 % du produit, en lien notamment avec l’ entretien des bâtiments, les fermages et les assurances. L’ excédent brut d’ exploitation ressort en moyenne à 76 000 €, soit près de 19 % du produit. Ce niveau permet de couvrir les annuités d’ emprunt. Le taux d’ endettement, proche de 63 %, illustre par ailleurs le poids des investissements nécessaires à l’ activité d’ élevage. Ces éléments confirment que l’ équilibre économique des élevages de galop repose avant tout sur la capacité à valoriser les chevaux, en particulier via les ventes, levier déterminant de la rentabilité. Concernant les entraîneurs de galop, les données indiquent une forte dépendance au volume d’ activité et à la maîtrise des charges. Le produit moyen s’ élève à environ 707 000 €, traduisant une activité intensive reposant sur une main-d’ œuvre importante( 8 ETP en moyenne). La composition des produits illustre la nature même du métier d’ entraîneur. Les pensions constituent la principale source de revenus, représentant 54 % du produit total. Les gains de courses pèsent 16 %, tandis que la part liée au pourcentage entraîneur atteint 10 %. Les ventes de chevaux restent marginales, confirmant que la performance économique repose avant tout sur l’ entraînement et la valorisation en course. Les charges opérationnelles absorbent 33 % du produit, avec un poids significatif des achats d’ aliments et des frais vétérinaires, à l’ image des éleveurs. Les charges externes représentent 18 % du produit, notamment liées aux fermages, à l’ entretien des bâtiments et au carburant nécessaire aux déplacements en courses. Cela souligne la sensibilité économique des entraîneurs à l’ évolution des coûts. L’ excédent brut d’ exploitation ressort à 74 000 €, soit 10 % du produit, permettant de couvrir les annuités d’ emprunt. Le résultat d’ exercice demeure positif, mais modéré, dans un contexte de taux d’ endettement élevé, supérieur à 100 %. Ces données confirment que la rentabilité des entraîneurs de galop repose sur un équilibre fragile entre volume de chevaux à l’ entraînement, performance en course et maîtrise des charges, dans un environnement exigeant et concurrentiel. Cette analyse économique apporte une vision globale des enjeux majeurs de la filière: la sécurisation des revenus et la maîtrise des charges avec une recherche permanente d’ équilibre entre investissements, charges et création de valeur.
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