PREMIÈRE PARTIE avec Nupsala dans les King George IV Chase à Kempton Park( 1987). Les courses d’ obstacles grouillent en province. « Beaucoup plus qu’ à présent. C’ était le bon temps, avant qu’ une vaste campagne sur les normes de sécurité ne vienne supprimer un certain nombre d’ hippodromes. À Auteuil, il y avait un monde fou jusque sur la pelouse devant la rivière des tribunes ».
« L’ obstacle a toujours été bien traité en France »
Certes, l’ obstacle n’ atteindra jamais l’ aura du plat. « Mais il a toujours été bien traité en France », assure Pierre Champion, le regard tourné vers les montants dédiés aux allocations. On en revient à Jean Launay: « Il a fait évoluer beaucoup de choses en faisant élire la moitié des membres, intégralement cooptés auparavant, aux comités. Les professionnels sont venus rétablir un plus juste équilibre avec des effets bénéfiques en termes d’ organisation et de programmes. Un peu ampoulées par des militaires en retraite, les instances ont pris sous sa coupe un coup de jeune et sont entrées dans un nouveau dynamisme ». Beaucoup d’ entraîneurs ont une antenne pour le plat, une autre pour l’ obstacle. La province se décomplexe et Jehan Bertran de Balanda s’ inscrit dans la dynamique. « Il a même un côté assez pionnier en amenant des propriétaires du Centre-Est, à l’ image de M. et Mme Carion, à Paris ».
À présent, les rapports se sont inversés
À Maisons-Laffitte, les conditions d’ entraînement sont relativement similaires à celles qu’ on connaît aujourd’ hui du côté de Paris. Mais « les moyens sont moindres en province et c’ est souvent cela qui freine les entraîneurs. C’ est moins fonctionnel, plus difficile de préparer un cheval pour Auteuil qu’ à présent. Rien à voir avec les domaines de Guillaume Macaire ou Arnaud Chaillé-Chaillé, qui sont des petits Maisons-Laffitte aujourd’ hui. Les entraîneurs allaient travailler leurs chevaux sur les champs de course. Pour eux, c’ était un événement de gagner à Auteuil ». C’ est pourquoi Metatero, un cheval de province vainqueur du Grand Steeple-Chase de Paris en 1982 restera à jamais un symbole pour Pierre Champion. « Son propriétaire et entraîneur, Gérard Margogne, basé dans l’ Ouest de la France, avait néanmoins préféré le confier à André Fabre pour les derniers réglages, quelques jours avant l’ événement ». Un parti pris très symptomatique du fossé existant alors entre Paris et la province. Dans un sens, les rapports se sont inversés aujourd’ hui. La fermeture de l’ hippodrome de Maisons-Laffitte en 2020 a bien sûr entériné la bascule. Mais qu’ ils se nomment François Nicolle, Guillaume Macaire ou autres, les grands maîtres de l’ obstacle ont pris le train inverse en installant leurs quartiers en province.
Auteuil, 1985, premier Prix Maurice et Jean Gillois pour Jehan Bertran de Balanda. © APRH
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