Musique
Une petite sélection d’ une discothèque de folie disponible à chaque numéro, de titres s’ imposant par le feu de l’ actualité, ou un petit peu tirés par les... chevaux.
Par Serge Okey
PAR SERGE OKEY
SAM SAUVAGE
MESDAMES, MESSIEURS!
Une bobine de minot et une voix à la gravité magnétique. Une cravate fine et des cheveux en pagaille. Un penchant de poète pop captivé par la new wave. À 25 ans, cet autodidacte propulsé par les réseaux sociaux vient garnir l’ écurie du label Cinq7( Dominique A, Philippe Katerine, Bertrand Belin …) avec une sincérité qui vient du Nord. À la croisée du spoken-singing et du slam, « Un cri dans le métro » traverse les ombres d’ Eddy de Pretto, de Biolay « Les Romantiques », de Lescop « La fin du monde », tout en idolâtrant Bob Dylan. Une acuité rare à conter le quotidien: la vie des gens ordinaires « Les gens qui dansent », les sentiments « Je ne t’ aime plus », quelques grains de folie « Avis de tempête ». Un poulain à suivre qui pourrait donner chaud à la chanson française.
SÉBASTIEN TELLIER
KISS THE BEAST
Question pilosité, c’ est un peu le pendant tricolore de Jayson Werth, l’ ex-star de base-ball US reconvertie propriétaire de galopeurs aperçue l’ été dernier à Deauville et dans la série Race for the Crown. Question musique, c’ est le digne camarade de la fameuse clique « French touch » de Versailles( Air, Daft Punk, Phoenix). 18 ans après l’ Eurovision, on dit de ce onzième album que c’ est le plus personnel et le sentiment n’ est pas fantaisiste. Dans des vapeurs parfois toniques, Sébastien Tellier y laisse transparaître sa part « animale ». Comme le cheval, la musique devient un jeu d’ échecs avec la nature. Mi-loup, mi-mouton, le jeune quinqua embrasse la bête qui sommeille en chacun de nous dans une introspection scrupuleuse. Et parfois le meilleur.
JULIAN LAGE
SCENES FROM ABOVE
Un son d’ une folle délicatesse. À huit ans, ce prodige de la guitare jouait déjà sur scène au côté du grand Carlos Santana. Cinq ans après avoir rejoint le prestigieux label Blue Note, l’ enfant de Santa Rosa( Californie) revient, à 38 ans, avec un quartet en or inédit et un dixième album studio dont le titre annonce la hauteur. Neuf morceaux radieux, dominés par la maestria jamais orgueilleuse d’ une guitare au timbre parfait et l’ orgue complice de John Medeski. Une œuvre collective, déroulant le tapis rouge à son fidèle bassiste Jorge Roeder et au batteur Kenny Wollesen, dans le pur esprit du jazz. Entre invocation « Opal », chevauchée « Talking Drum » et pierre angulaire « Night Shade », un disque limpide touché par une grâce aérienne.
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