Casaques de Rêve N°19 Juin 2026 | Page 89

IGOR DE MAACK

ÉCO

La chronique d '

IGOR DE MAACK

idemaack @ vitalepargne. com

PÉTROLE! PÉTROLE!

Dans cette comédie, un PDG d’ une entreprise pétrolière campé par Jean-Pierre Marielle essaie de négocier à la baisse le prix du baril auprès d’ un émir qui a décidé de l’ augmenter. Le monde occidental, actuellement pris au piège du blocus contre-blocus du détroit d’ Ormuz, tente aussi de se prémunir de cette nouvelle crise énergétique. Les profits récemment publiés par TotalEnergies( résultat net de 5,4 Md $ et cash-flow de 8,6 Md $ au premier trimestre 2026) lui permettent d’ ailleurs de plafonner le prix de l’ essence sans plomb à la pompe( 1,99 € / litre). Dans certains autres pays européens, le niveau plus bas des taxes rend le saut de l’ obstacle de la hausse des prix énergétiques moins difficile. Contrairement aux idées reçues, le capitalisme moderne est plutôt habitué aux chocs pétroliers. L’ embargo de l’ OPEP en 1973, la révolution iranienne en 1979 ou la première invasion du Koweït par l’ Irak ont, en effet, débouché sur des récessions. Mais depuis, les économies des pays développés ont diminué leur intensité énergétique en pétrole( transition, diversité du mix, recours au nucléaire …) et les États-Unis sont entretemps devenus le premier producteur de pétrole en raison de la révolution du shale oil et shale gas. Les marchés financiers réagissent actuellement mécaniquement aux variations du prix du baril, comme un coup de cravache, même si ces derniers temps, les publications trimestrielles des entreprises ont aussi joué un rôle dans la fluctuation des cours. Cependant, les indices de volatilité sur les actions( VIX) et sur les taux d’ intérêt( MOVE) ont respectivement retrouvé leur niveau d’ avant déclenchement de la guerre avec l’ Iran( 17 et 70). Cela signifie désormais que le risque iranien est correctement intégré par les marchés. Les publications récentes des entreprises montrent que ces dernières ont résisté, mais le premier trimestre ne compte qu’ un mois de guerre( le mois de mars). Sur le front des taux d’ intérêt, c’ est évidemment là que la crise actuelle peut prendre des effets contraignants à long terme. En effet, la poussée inflationniste prévisible affecte les taux d’ intérêt à 10 ans. Ainsi, l’ OAT 10 ans se rapproche de nouveau du niveau des 4 %, tandis que l’ équivalent américain flirte déjà avec le niveau de 4,5 %. Cette hausse des taux risque d’ entraîner une volonté des banques centrales de relever les taux pour casser cette dynamique de poussée des prix. C’ est ce qu’ a indiqué la BCE le 30 avril alors qu’ elle décidait de laisser ses taux inchangés pour cette réunion. Dans ce contexte, il faut détenir des échéances courtes sur les souches obligataires pour ne pas trop prendre de risque de duration … en somme, réduire la distance de la course. Si l’ intelligence artificielle occupe toujours le devant de la scène sur les bourses mondiales, l’ industrie spatiale nourrit aussi tous les fantasmes. L’ introduction en bourse de SpaceX alimente toujours les rumeurs, Elon Musk ayant déjà organisé des réunions confidentielles avec des analystes pour les convaincre de la valorisation astronomique de sa société: 1 750 milliards de dollars!
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