Casaques de Rêve N°19 Juin 2026 | Page 78

DOSSIER À LA UNE

LA LENTE ÉVOLUTION DES MATIÈRES EN FRANCE

Par Alice Baudrelle
En France, les casaques restent fidèles à une certaine tradition. À l’ étranger, elles ont depuis longtemps pris des libertés. Entre sobriété hexagonale et créativité assumée ailleurs, ces différences racontent deux visions bien distinctes des courses.
Entre les années 1940 et 1950, les États-Unis furent le premier pays à industrialiser les matières synthétiques. Bien qu’ étant un matériau noble, la soie absorbait l’ humidité et s’ alourdissait considérablement lors des intempéries, sans oublier son manque de solidité et le temps de séchage. Bien plus élevé qu’ en Europe, le rythme intensif des courses américaines a poussé les USA à adopter le synthétique pour des raisons pratiques évidentes. En revanche, l’ Angleterre a fermé la porte à cette évolution jusqu’ au début des années 1970, privilégiant le prestige de la soie aux avantages du nylon, qui était considéré comme une matière vulgaire. Finalement, le pays a capitulé suite à l’ apparition des gilets de protection obligatoires pour les jockeys sous la casaque, qui a rendu la soie totalement inadaptée( puisque non extensible). L’ Irlande a suivi le mouvement à la même époque, et la France a fini par bannir la soie au début des années 1990. Au début des années 1950, les États-Unis ont également fait évoluer le design de la casaque, suite à
la multiplication des propriétaires et à la saturation des combinaisons existantes. Une casaque américaine peut comporter des initiales comme celle de Kenneth Ramsey – qui a des chevaux en France chez Gianluca Bietolini – ou bien un logo ou un visuel uni( tête de cheval, fleur de lys …). L’ Australie est sans doute le pays le plus ouvert après les États-Unis sur cette question, alors que la majorité des pays européens est assez conformiste sur le sujet. En France et en Irlande, il est interdit de coudre des initiales ou des emblèmes sur une casaque: l’ industrialisation des paris a sans doute joué un rôle-clé sur notre sol, en voulant faciliter la lecture des casaques pour les turfistes. En revanche, les initiales, les logos et autres visuels sont autorisés en Allemagne, dont le modèle des courses s’ est construit de manière très décentralisée. En Angleterre, la réglementation traditionnelle s’ est assouplie en 2017 avec la possibilité de créer une casaque sur mesure … moyennant tout de même la somme de 5 000 livres!
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