DOSSIER À LA UNE
PRIX DU JOCKEY CLUB
L’ ÉPOPÉE HAUTE EN COULEUR( S) DE 1836 À NOS JOURS
Par Pierre Champion
Des origines à nos jours, les couleurs du Prix du Jockey Club sont chatoyantes, scintillant de tous leurs feux dans la mémoire des courses et de l’ élevage. Les casaques ayant marqué l’ histoire de la compétition sont nombreuses, certes, du fait de ses 190 ans d’ existence, mais, comme dirait l’ humoriste, il y en a qui sont plus nombreuses que d’ autres! Telle celle de Marcel Boussac, par exemple, ou de l’ Aga Khan, sans oublier les aventures ou mésaventures vécues par quelques autres. À commencer par celle du père fondateur de la compétition, Lord Henry Seymour, au surnom si joliment trouvé de « Milord l’ Arsouille ».
L’ exceptionnel record de Marcel Boussac La casaque ayant brillé de tout son éclat dans le Prix du Jockey Club et y comptant le plus grand nombre de victoires n’ est autre que celle de Marcel Boussac, le propriétaire-éleveur français le plus important du XXI e siècle. Les couleurs Boussac – casaque orange, toque grise choisies en référence à celles d’ Edmond Blanc( casaque orange, toque bleue), figure historique des courses et de l’ élevage, au carrefour des années 1900 – passeront ainsi victorieusement le poteau à douze reprises dans le Prix du Jockey Club, de 1922, où Ramus ouvre la marque, à 1978, où Acamas ferme le ban. Dans l’ intervalle, il y aura les succès de Tourbillon, en 1931, de Thor, en 1933, de Cillas, en 1938, de Pharis, en 1939, d’ Ardan, en 1944, de Coaraze, en 1945, de Sandjar, en 1947, de Scratch, en 1950, d’ Auriban, en 1952, et de Philius, en 1956. En outre, à l’ exception de Ramus, tous ces lauréats furent élevés par Marcel Boussac et sont souvent des fils de ses étalons, ces derniers déjà eux-mêmes vainqueurs du championnat des 3 ans. De la sorte, Cillas et Coaraze sontils des fils de Tourbillon, alors que Sandjar est par Goya, continuateur de Tourbillon. Quant à Ardan, Scratch, Auriban et Philius, ils sont, tous les quatre, par Pharis. Soulignons aussi qu’ en 1950, Marcel Boussac remporta non seulement le « Jockey Club », avec Scratch, mais le Derby d’ Epsom, avec Galcador, et les Oaks, avec Asména,
étant, cette année-là, et la suivante, tête de liste des propriétaires et des éleveurs des deux côtés de la Manche. En 1956, il fit, en outre, le doublé du Prix du Jockey Club et du Prix de Diane, avec Philius et Apollonia.
Scratch vs Tantième: le contesté verdict des commissaires En 1950, la victoire de Scratch sur Tantièmefi t couler beaucoup d’ encre, car les 2 poulains se livrèrent un duel extrêmement serré et franchirent ensemble le disque final. Seulement, il n’ y avait pas, alors, de photo-finish et, si Scratch fut déclaré vainqueur par les officiels, le doute subsista dans l’ entourage de son dauphin, ainsi qu’ aux yeux de plusieurs observateurs. L’ incident fut porteur, puisqu’ on eut tôt fait, ensuite, d’ instaurer la photo, afin d’ éviter toute contestation. Scratch confirma son succès cantilien en s’ adjugeant, quelques mois plus tard, le St. Leger de Doncaster, tandis que Tantième inscrira deux fois son nom au palmarès du Prix de l’ Arc de Triomphe.
Auriban part à l’ envers, mais gagne! En 1952, le champion de Marcel Boussac se nomme Auriban. Il est pétri de talent, ayant gagné les Prix Robert Papin et Morny, à 2 ans, mais il est aussi d’ un caractère ombrageux et manque ses départs plus souvent qu’ à son tour. Dans le Prix du Jockey Club, en dépit des précautions prises,
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