JULIEN LEPAROUX
REÇOIT LE GEORGE WOOLF AWARD
L’ aventure devait durer dix-huit mois. Le stage de cavalier d’ entraînement chez Patrick Biancone prendra une tout autre tournure. Deux décennies plus tard, Julien Leparoux, qui n’ avait jamais monté la moindre course en France, reçoit l’ un des trophées les plus convoités du turf américain. Le George Woolf Memorial Jockey Award n’ est en effet pas une récompense comme les autres puisqu’ elle est un plébiscite de ses collègues du vestiaire. C’ est à Keeneland, son hippodrome préféré, que nous avons rencontré le jockey, avant qu’ il ne s’ envole pour recevoir son prix en Californie. L’ occasion également de demander à ses collègues ce qui a motivé leur vote.
UN JOCKEY MADE IN USA?
L’ hippodrome de Santa Anita, qui remet le trophée depuis 1950 en partenariat avec la Jockeys’ Guild, fut celui où le jeune Julien posa ses valises en 2003. Il se souvient encore du long vol vers Los Angeles. Il avait alors 19 ans et 12 heures devant lui pour se demander s’ il faisait le bon choix. Deux ans plus tard, Patrick Biancone le fait débuter en course. Des débuts fulgurants, couronnés par l’ Eclipse Award du meilleur apprenti en 2006. Il remportait cette année-là 403 courses, plus qu’ aucun apprenti et professionnel confondus. Parmi ses victoires en 2006, son premier Groupe 1, les Beverly D. Stakes avec Gorella. La pouliche avait commencé sa carrière en France pour Jean de Roualle. Un entraîneur que Julien connaît bien puisque son père, Robert Leparoux, y a longtemps été garçon de voyage, après avoir monté en obstacle. Si Robert n’ a pas pu voir son fils devenir jockey, il lui aura donné des armes solides pour durer dans un métier difficile: recul, lucidité et humilité. Une carrière 100 % made in USA pour
Julien Leparoux qui n’ a jamais tourné le dos à ses racines cantiliennes et bretonnes. Il reste un supporter inconditionnel du PSG. Citoyen américain depuis 2018, il vit à Louisville, au Kentucky, à proximité de l’ hippodrome de Churchill Downs, où il signait en novembre 2024 sa 3 000 e victoire.
UNE CARRIÈRE BIEN GÉRÉE
Tepin reste selon lui l’ un des meilleurs souvenirs de sa carrière. Ensemble, ils ont remporté la Breeders’ Cup Mile( Gr. 1) avant de s’ imposer à Royal Ascot dans les Queen Anne Stakes( Gr. 1) et au Canada dans le Woodbine Mile( Gr. 1). « J’ espère en retrouver un jour une comme elle », évoque-t-il. À bientôt 43 ans, Julien Leparoux est vice-président et trésorier de la Jockeys’ Guild. Il aura su mettre à profit les études de gestion vers lesquelles ses parents l’ avaient poussé. Il conjugue aujourd’ hui le sens des responsabilités et la priorité donnée à sa famille. Une force tranquille que ses collègues s’ accordent à reconnaître: « Julien, c’ est la classe ».
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