Priorité au stockage de l’ eau
PÉDAGO
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fait d’ importantes économies d’ eau tout en augmentant la sécurité des pistes en éliminant notamment les problèmes de glissance, à une époque où les chevaux vont plus vite et où les enjeux financiers sont plus lourds. » En une poignée d’ années, le métier de responsable des pistes a été révolutionné. « Avant, il suffisait d’ arroser et l’ aérateur à lames sortait très peu. On l’ utilise désormais une fois par semaine. Il y a beaucoup plus d’ actions à entreprendre et il faut être près de ses pistes. Notre consommation d’ eau pour les quatre pistes en gazon était de 35 à 40 000 m ³ en moyenne sur ces cinq dernières années, elle devrait tomber à 27 000 m ³ en 2025 », conclut Romain Garin. À Chantilly, l’ arrosage est piloté informatiquement, avec des programmes élaborés et divers scénarios possibles. Toutes les canalisations, très anciennes puisque l’ hippodrome date des années 1830, ont été refaites ainsi que les arroseurs afin de limiter le gaspillage d’ eau. Un investissement de 800 000 €. La consommation était de 87 000 m ³ en 2020, elle a chuté à 29 000 m ³ quatre ans plus tard. Marin Le Cour Grandmaison est responsable d’ exploitation du site de
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Les nouveaux humidimètres facilitent la gestion et l’ entretien des pistes.
© Les hippodromes de Lyon
Priorité au stockage de l’ eau
Les pistes, qu’ elles soient en sable ou en herbe, auront toujours besoin d’ eau. Les hippodromes peuvent optimiser son utilisation mais en aucun cas se passer de cette ressource. « Ce que nous défendons auprès des ministères ce n’ est pas de réduire notre consommation indéfiniment, mais de stopper les prélèvements dans les nappes phréatiques et les rivières. L’ une des solutions pour y parvenir est de multiplier le stockage de l’ eau », explique Pierre Préaud, Secrétaire général de la Fédération Nationale des Courses Hippiques( FNCH), organisme qui rassemble le trot et le galop. « Jusqu’ en 2023, les hippodromes n’ étaient considérés ni comme des terrains de sport ni comme des terrains agricoles, ils n’ étaient donc pas prioritaires en cas de restriction d’ arrosage. Nous avons obtenu du ministère de la transition écologiques qu’ ils aient le même traitement que les terrains sportifs mais en échange d’ un code de bonne conduite. De nombreux hippodromes ont créé des dispositifs de stockage de l’ eau ces deux dernières années. »
L’ une des solutions est de récupérer l’ eau des toitures. Cela se pratique à Cabourg ou à Lyon- Parilly qui s’ est muni tout récemment de cuves enfouies entre les tribunes et la piste, d’ une capacité de 1 000 m ³. « Nous pouvons ainsi récupérer l’ eau des orages qui était autrefois gaspillée, indique Romain Garin, régisseur. Un arrêté de restriction d’ eau vient d’ être pris, mais nous avons 930 m ³ disponibles pour assurer les réunions de trot du mois de septembre. En 2024 nous avons économisé 7 000 m ³, soit la moitié des besoins pour le trot. L’ autre avantage c’ est que les écuries ne sont plus inondées lors des gros orages. »
L’ investissement de 450 000 €
sera rapidement amorti, d’ autant que le système d’ arrosage depuis les cuves fonctionne par vases communicants, donc sans électricité. Une économie d’ énergie de 25 0000 € par an.
L’ hippodrome de Pompadour a également investi dans le drainage de ses pistes afin de guider l’ eau vers un bassin construit dans la partie basse de l’ hippodrome. Et Pau va inaugurer un second lac dont la vocation est de récupérer l’ eau de pluie... Partout, les projets se développent, quelle que soit la taille de l’ hippodrome.
Le fond commun des courses a octroyé 2,29 millions d’ euros d’ aides pour des investissements liés à l’ eau( stockage, arrosage, récupération...) de 2015 à 2025, avec un taux de contribution moyen de 35 % sur les projets. Ce sont donc 6,5 millions d’ euros au total qui ont été investis sur le sujet.
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